Vigilance Isère Antifasciste

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CISEM (Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants) : Valls dans les pas de Guéant !

voir aussi : Invasion, délinquance, mendicité, saleté? Tout dire sur les Roms (sur Mediapart)

Communiqué de la CISEM [Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants] 

 

Chasse aux migrants : Valls dans les pas de Guéant !  

APPEL à la mobilisation

 

 

Un an et demi après l'arrivée d'un nouveau gouvernement, les organisations membres de la CISEM * ont désormais les moyens de tirer un bilan clair de la politique engagée en matière d’immigration. Celui-ci est atterrant. Non seulement la situation des personnes sans-papiers ne s'est pas améliorée, mais sur bien des points, elle s'est même encore dégradée en termes d’hébergement et de logement, de scolarisation, de maintien de plus en plus épuisant de familles, de couples, d’isolés dans l'attente. 

 

Pour ce qui est des conséquences de la circulaire Valls,  le bilan local fait apparaître très peu de régularisations, que cela soit pour les familles ayant des enfants scolarisés, pour les personnes isolées ou pour des travailleurs. La Préfecture continue de multiplier les entraves, souvent illégales, au traitement des dossiers, et il y a souvent dans leur traitement de 8 à 9 mois d’attente.  Les personnes sans papiers sont ainsi ancrées dans des situations d'immense précarité et d'insécurité, et doivent multiplier les démarches (comme le passage au tribunal administratif  pour gagner le droit de franchir chaque étape de dépôt et de suivi de dossier). Quant aux autorisations de séjour comme « étranger malade », même quand les personnes sont très gravement malades , elles sont de moins en moins renouvelées, et le refus est accompagné d’une OQTF.  
 
La situation de l’hébergement est également catastrophique. En Isère, l’action concertée de la Préfecture et du Conseil général envers les étrangers porte ses fruits créant une situation sans précédent.L’enveloppe attribuée à l’hébergement par le Conseil général a été revue à la baisse et décision a été prise de sortir des chambres d’hôtel 500 personnes sur 600 . Le  Conseil Général « recentre ses missions » sur les situations les plus cruciales et n’hébergera plus qu’une centaine de personnes. 

 

Le suivi social des familles a, de façon générale, été réduit à peau de chagrin. Le Conseil Général prétend ainsi inciter l’Etat à prendre le relais et à assumer ses responsabilités.  

La Préfecture, en guise de relais a annoncé qu’elle hébergerait, humanité oblige, mais seulement les personnes en situation régulière. Après avoir prolongé  le dispositif d’hébergement hivernal de quelques mois, elle a fini par annoncer la fermeture presque totale de ces structures restées ouvertes, ce qui signifie la remise à la rue d’environ 600 personnes de plus. Une forte mobilisation militante a permis d’obtenir provisoirement une rallonge budgétaire début juillet. Mais ça n’a pas empêché la Préfecture de vider progressivement les centres d’hébergement.  

 

Ainsi, tout l’été, nous avons été témoins du harcèlement subi par les personnes/familles sans papiers : distribution massive d’OQTF, présence policière dans les centres d’hébergement, régime de la terreur destiné à les  inciter à fuir. On voit se mettre en place, avec les assignations à résidence un nouveau système de rétention « à domicile »…  En cette rentrée scolaire, nous ne pouvons même plus compter les  chaises vides dans les classes laissées vacantes par des enfants qui suivent leurs familles expulsées, en fuite ou cachées pour échapper à la police, tandis que les expulsions de campements de Rroms continuent.  

 

La « gauche » gouvernementale n’a donc pas rompu avec la politique pratiquée ces dernières années. Elle mène au contraire une action cohérente à diverses échelles (Etat, collectivités territoriales) visant clairement à terroriser les personnes sans papiers, à les épuiser et, à terme, à renvoyer le plus possible d’étrangers dans leur pays. Le chiffre record de plus de 38 200 reconduites à la frontière a été atteint pour l’année 2012, et il n’inclut pas les expulsions dans les DOM, ni les personnes qui ont fui le harcèlement en quittant d’eux-mêmes la France. 

 

Cette politique inhumaine ne respecte ni les droits fondamentaux, ni bien souvent la légalité elle-même. Qui plus est, elle nourrit un climat xénophobe et fait le jeu de l'extrême-droite.  

 

Plus que jamais, la Cisem est décidée à se battre pour soutenir les étrangers migrants en Isère, et appelle à une large mobilisation pour faire reculer les politiques xénophobes qui menacent à terme nos droits à tous et à toutes. 

 

Grenoble, le 27 septembre 2013. 

 

* Cisem 38 c/o CIIP Maison des Associations 6 bis, rue Berthe de Boissieux
38000 Grenoble
Tel  04 76 87 59 79  mail : cisem.isere@gmail.com 

Associations/Réseaux : AC ! Agir contre le chômage- APARDAP- CIIP- CSRA- La Patate chaude- Ligue des Droits de l’Homme—RESF 38 

Syndicats : PAS 38 (Pour une Alternative syndicale)- Solidaires 38- Syndicat multiprofessionnel des travailleurs sans papiers CGT 

Organisations politiques : Europe Ecologie/Les Verts - Les Alternatifs- NPA- Parti de Gauche- PCF- PCOF



28/09/2013

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