Vigilance Isère Antifasciste

Vigilance Isère Antifasciste

Pourquoi Ras L' Front dit non au projet de vidéo-surveillance à Voiron

documents à télécharger :

1- Pourquoi Ras L' Front est opposé à la vidéo-surveillance

2- Vidéo-surveillance : un coût très important pour des résultats très faibles (par Laurent Mucchieli)

3- La Cour des comptes enterre la vidéo-surveillance

4- Hésitation sur la vidéo-surveillance à Amiens

5- Surveiller et punir, ou rétablir la confiance ? Paroles d'habitants de Voiron

 

Pourquoi Ras L' Front dit non au projet de vidéo-surveillance à Voiron 

 

La municipalité de Voiron envisage l’installation dans le centre ville de caméras de surveillance
Une demande de subvention va être votée lors du conseil municipal du jeudi 14 février.
Ras L’Front s’oppose farouchement à cette initiative.

 

Il est certes difficile de répondre au sentiment d’insécurité qui affecte une partie de nos concitoyens. Les multiples atteintes à la justice sociale ainsi que la dégradation des services sociaux et de l’emploi, une société toujours plus inégalitaire et une exclusion toujours plus forte de certaines catégories de la population servent de terreau à la petite délinquance.


Mais une politique du tout sécuritaire, initiée par les gouvernements précédents et perpétuée à l’identique par la majorité actuelle n’est certainement pas la solution à ce malaise social.
Les budgets très importants consacrés à l’investissement et surtout aux frais de maintenance et de fonctionnement d’un parc de caméras seraient bien mieux utilisés à développer et pérenniser une réelle prise en charge des problèmes et des attentes légitimes en matière d’emploi et de revenus ainsi que de reconnaissance sociale.


La vidéosurveillance ne réduit pas la criminalité, mais la déplace vers des zones non surveillées.Elle n’a aucun impact sur les délits impulsifs et ceux commis par des personnes sous l’emprise de drogues. Elle ne dissuade pas les délinquants qui adoptent des mécanismes de dissimulationet des stratégies d’adaptation à l’outil.
Le rapport de la chambre régionale des comptes de Rhône-Alpes confirme que l’impact de la videosurveillance en termes de prévention et de répression de la délinquance est «marginal».
Les magistrats donnent même raison au maire de Villeurbanne qui, dans une tribune du journal Le Monde, avait dénoncé la volonté de l’État d’imposer la vidéosurveillance aux communes et expliqué pourquoi il préférait la médiation humaine à celle des machines.


La « vidéoprotection » comme l’appellent habilement ses promoteurs est un outil financièrement coûteux, dans son étude Vidéosurveillance et espaces publics, le spécialiste Tanguy Le Goff avait estimé à 20 000€ le coût global moyen d’installation d’une caméra. Les magistrats, eux, multiplient quasiment le chiffre par deux, estimant le coût moyen pondéré à 36 600 € TTC, par caméra, et de plus qui n’est pas sans risques pour les libertés individuelles et pose la question des atteintes aux libertés publiques.


À partir du principe « je n’ai rien à cacher », on suppose que les citoyens doivent accepter cette surveillance. On est ainsi en train de justifier tous les systèmes de surveillances qui petit à petit grignotent notre vie privée (déplacements, accès internet, téléphone, type de dépenses, préférences et goûts etc...). Ce principe participe surtout d’une grande tromperie : chaque individu
est susceptible d’être un délinquant et qu’il faut donc le surveiller !


Alors que la Grande-Bretagne a investi des millions pour s’équiper du plus vaste système de surveillance d’Europe, peu de délits sont résolus à l’aide des caméras de surveillance, et peu à peu les villes abandonnent l’augmentation prévue du parc de caméras et son entretien.


Ne rentrons pas dans l’engrenage de la vidéosurveillance ! Sous la pression des préfets, de l’opposition de Droite et des entreprises de sécurité, les maires des communes cèdent de plus en plus au mirage de l’efficacité électoraliste de la réponse facile à l’insécurité.


Ainsi, en ce domaine de la sécurité théoriquement prioritaire, nous continuons à avancer à l’aveugle, en répétant des discours convenus, sans évaluation digne de ce nom et en finançant un business privé d’autant plus ravi de l’aubaine qu’il fournit en échange un travail totalement superficiel et sans efficacité démontrée.



13/02/2013

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 92 autres membres