Vigilance Isère Antifasciste

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Aberration du sarko-lepénisme : un patron menacé d'expulsion

Dans le Val-de-Marne, un immigré algérien crée une entreprise de pointe, employant 13 personnes, et risque de devoir les licencier car il est menacé d'expulsion... !

 

FN et UMP reprennent en choeur  "il y a trop d'étrangers, ... nous n'avons plus les moyens de cette générosité... les immigrés ne viennent pas pour  travailler mais pour  profiter de notre système social .... on donne tout aux etrangers, rien pour les français .... " Alors que sans l'immigration, les caisses de retraite, la sécu seraient encore plus en difficulté !  Alors que l'immigration rapporte beaucoup plus au pays qu'elle ne lui coûte !

 

Il y avait déjà eu l'aberrante "circulaire Guéant", empêchant les entreprises de réaliser des embauches qu'elles souhaitent, des étudiants étrangers, souvent très diplômés.

Sous le gouvernement Sarkozy, les préfectures ont reçu, des consignes drastiques pour procéder  à la chasse à l'étranger, en multipliant  les obstacles administratifs et l'arbitraire. Une politique aussi inhumaine que stupide.

 

Aussi stupide, aussi dangereuse que cette "Préférence nationale" du Front National, maintenant très ouvertement imité par l'UMP et son "président-candidat". Des stupidités xénophobes qu'on risque fort d'entendre encore à l'occasion des prochaines éléctions législatives, et bien après encore...

 

 

                                                                                                        Sur une route aux environs de Grenoble .

 

LE PARISIEN, 21 avril 2012 :

Il est patron d’une entreprise dont le chiffre d’affaires s’élève depuis 2009 à plus de 500000 €. Mais il est clandestin et… menacé d’expulsion.

 

IVRY. HIER. Charif espère obtenir un titre de séjour pour reprendre l’activité de son entreprise qui tourne au ralenti depuis le début de l’année.

 

Il ne souhaite ni décliner sa véritable identité ni celle de sa société. « J’ai peur de perdre ma crédibilité vis-à-vis des clients », relate Charif en faisant visiter les locaux tristement vides de son entreprise à Ivry. A 33 ans, il se retrouve dans la situation ubuesque d’être à la fois patron, en situation irrégulière, et menacé d’expulsion.

 

Une épée de Damoclès qui le ronge nuit et jour. « Je suis dans un tourbillon », dit ce père d’un petit garçon de 22 mois. Mais, il continue de porter à bout de bras sa société spécialisée dans la fibre optique, même si elle tourne au ralenti. « Je suis secrétaire, commercial, technicien. Je fais tous les postes. Je prends le travail que je peux faire », lâche-t-il. En fin d’année dernière, Charif s’est retrouvé seul à bord de son entreprise qui avait compté jusqu’à neuf personnes. « On était en pleine expansion », se souvient-il en indiquant que depuis sa création en 2009, la société a enregistré un chiffre d’affaires de 505000 €.

Sa vie en France a débuté il y a huit ans. Il quitte l’Algérie avec « 50 € en poche » et vit de petits boulots, obtenant des cartes de séjour jusqu’en 2008. Un an plus tard, « j’ai créé ma boîte. Comme je n’avais pas de papiers à cette période, je me suis associé avec une personne pour qu’elle assume le poste de gérant », raconte-t-il. La société est sur les rails. « On a commencé à six », précise-t-il. Grâce à son carnet d’adresses constitué lorsqu’il travaillait dans des entreprises de télécommunications, Charif ramène clients et commandes dans son giron.

Assez vite, ce prestataire de services pour les fournisseurs d’accès Internet et téléphonie haut débit a « voulu grandir ». Il se tourne vers Pôle emploi et la mission locale d’Ivry pour trouver de nouvelles recrues. « Mais, sur le marché de l’emploi, peu de personnes connaissent la fibre optique. » En partenariat avec ces deux structures, Charif forme pendant quatre cents heures treize personnes en contrat « Action formation préalable au recrutement ». A l’issue de ce stage, il en avait gardé trois, « les plus motivées », précise le trentenaire. Pendant ce temps-là, il met un peu de côté les démarches administratives. En juillet dernier, il reçoit un récépissé qui le régularise pendant trois mois, le temps de fournir les pièces demandées par la préfecture. Charif en profite pour reprendre officiellement les rênes de sa société. Mais le 25 novembre, le couperet tombe. Charif doit quitter le territoire.

« Après trois mois, nous n’avons pas eu les pièces », explique-t-on du côté de la préfecture. Un argument qui provoque la colère de l’avocate de Charif, Me Marie-Claire Soubré : « La préfecture n’a jamais voulu tenir compte qu’il s’agit d’un créateur d’entreprise à la tête d’une société prospère et qui apporte à la France. C’est une traduction bête et aveugle de la politique du chiffre. » De son côté, la préfecture annonce que, depuis quelques jours, le dossier de Charif est réexaminé. « Une enquête est diligentée pour voir quelle est la capacité de cette entreprise. Dans l’attente, on a suspendu la mesure d’éloignement. » L’affaire pourrait bien s’achever par une délivrance d’un titre de séjour. Si ce cas de figure se présente, « j’embauche de nouveau, je reprends les chantiers et on part travailler ».



25/04/2012

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