Vigilance Isère Antifasciste

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Amabilités et désistements réciproques entre FN et UMP : l'alliance droite/ extrême droite se renforce

14 juin, 11h. Cet article sera complété et remanié  ultérieurement.

 

Pour une fois, l'héritière Le Pen a dit vrai. Lundi 11 juin, elle notait avec délectation  une "évolution sensible" de l'UMP et de JL Copé qui , avec son "Ni -Ni", se refuse à appeler au vote républicain pour barrer la route au FN.

Jean-Marc Ayrault, comme d'autres, a raison quand il observe que l'UMP, avec sa stratégie du "ni-ni", avait "franchi un cap" et était "en train de préparer une alliance stratégique avec le Front national". (reste à souhaiter que la direction du PS s'engage avec plus de fermeté et de solidarité contre la montée de cette droite extrême...)


"Pas d'alliance avec le FN",  nous disent les ténors UMP. Pour qui nous prennent-ils ? 

Il y avait déjà eu la longue liste des alliances thématiques, la reprise de l'idéologie xénophobe et pétainiste du FN sous le gouvernement de Sarkozy et durant la campagne présidentielle. Durant ces législatives, les amabilités et convergences de "valeurs" entre FN et UMP se sont multipliées.

 

Il n' y a d'ailleurs  aucune différence entre la campagne "anti-Hollande, anti-droit de vote des étrangers"  que mènent UMP comme FN, ainsi que les groupes ouvertement fascistes à la périphérie du Front National.  Une campagne xénophobe  et alliance droite/extrême-droite qui redoublera certainement d'intensité  en 2013 et 2014, à l'approche des élections municipales.

 

Ce 14 juin, Ras L' Front décerne l'Oscar de la Collusion avec les Néo-fascistes à Brigitte Barèges, (UMP Tarn et Garonne) qui se dit "ravie que Marine Le Pen soit à l'Assemblée". Mais pour cet Oscar, les prétendants sont nombreux et se renouvellent chaque jour...

 

Voir aussi :

Nouvel Obs, 13 juin : L'UMP prise au piège de l'ambiguïté face à l'extrême droite

 

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Le Monde, 12 juin : L'UMP confirme son refus parallèle du FN et de la gauche

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LA PORTE EST OUVERTE POUR UNE BANALISATION DU FN
Mais la position de l'UMP, en apparence similaire à celle qui avait prévalu pour les cantonales, a néanmoins connu une sensible évolution. Elle s'assortit tout d'abord, pour se débarrasser de toute mise en accusation de "pactiser" avec le FN, du renvoi systématique aux alliances entre le PS et le Front de gauche.
"Front national et Front de gauche procèdent des mêmes populismes, des mêmes extrémismes. D'ailleurs, ça commence pareil. Le PS a fait le choix d'une alliance avec l'extrême gauche", insiste M. Copé.
Cette mise en parallèle ouvre la porte à une banalisation du FN, renvoyant la notion de "front républicain" à de l'histoire ancienne. "Pendant très longtemps, le politiquement correct s'est imposé devant les réalités du terrain. Aujourd'hui, les réalités du terrain se rappellent au politiquement correct", détaille M. Copé  (........)

"Je serai ravie que M. Le Pen soit élue à l'Assemblée" (Brigitte Barèges, UMP)

Les germes d'une conversion éventuelle sont là. "Il faut que la droite républicaine réfléchisse, après les élections législatives, à la question des alliances, estime Alain Joyandet, l'ancien secrétaire d'Etat à la coopération. On ne peut pas continuer à avoir une partie de notre électorat complètement scotchée dans un parti avec lequel on n'a pas le droit de parler."

Pour Gérard Longuet, "le FN est un acteur de la vie politique comme les autres, il n'y a pas marqué pestiféré". Quant à Eric Raoult, député de Seine-Saint-Denis, il se félicite de "discuter avec les braves gens qui ont voté pour le FN".

Certains, même, de souhaiter l'entrée du FN à l'Assemblée nationale. "Ça ne me fait pas peur, assure Hervé Novelli, secrétaire général adjoint de l'UMP. Je n'ai jamais été un adepte du front républicain. ce n'est pas maintenant que je vais changer." Quant à Brigitte Barèges, députée de Tarn-et-Garonne, elle dit qu'elle serait "ravie pour Marine Le Pen qu'elle soit élue à l'Assemblée". Dernière station....

 

Pour Jean-Marc Ayrault, l'UMP prépare une alliance stratégique avec le FN  

Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a affirmé, mardi 12 juin, que l'UMP, avec sa stratégie du "ni-ni", avait "franchi un cap" et était "en train de préparer une alliance stratégique avec le Front national", appelant les électeurs à dire"non à cette dérive" lors du second tour des législatives.

 

France3 Provence-Alpes, le 13/06/2012 | 18:25: Vaucluse : le FN se désiste pour l'UMP

Pouvant se maintenir en triangulaire dimanche prochain dans la 5e circonscription du Vaucluse, la candidate du FN Martine Furioli-Beaunier a décidé ce 12 juin de retirer sa candidature. (..........)
Martine Furioli-Beaunier défend sa position qui, selon elle, "correspond à la ligne du parti", mais reste une décision individuelle. Pour elle, les électeurs sont "majoritairement à droite dans la circonscription. Il n'est donc pas normal qu'ils se retrouvent avec un député PS".  Et l'avocate avignonnaise d'ajouter "c'est une erreur de la droite de ne pas s'allier. Le PS n'hésite pas à se mêler au PC !". (...........)

 Echange de politesses  Lundi dernier, c'est l'UMP Roland Chassain, arrivé troisième dans la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône, qui s'était désisté au profit de la FN Valérie Laupies. Le but implicite étant de mettre à mal le président PS du conseil régional.  (..........)


 

Europe1 / Le Lab, 12/06/12 - 17:54

"Aucun désistement", promettait Marine Le Pen, lundi 11 juin, parlant des candidats FN qualifiés au second tour.

 

Un peu plus de 24h plus tard, Louis Aliot annonce pourtant le désistement, dans la 2e circonscription des Pyrénées-Orientales, du candidat frontiste "en raison […] du risque de voir la gauche l’emporter".

 

Mardi soir, une seconde candidate se désiste "pour faire barrage à la gauche". Martine Furioli-Beaunier, candidate FN arrivée dimanche en 3ème position dans la circonscription de Carpentras-Nord, a décidé mardi de se retirer. Marine Le Pen condamne "fermement". 

  • 1  "Pas question de passer un accord"

    Lundi 11 juin, Marine Le Pen annonçait qu'il n'y aurait "aucun désistement" de candidats FN qualifiés au second tour.

     

    Rétropédalage un peu plus de 24h plus tard, engagé par Louis Aliot, le numéro 2 du FN :

    Dans le cas particulier de la 2e circonscription, en raison du contexte local, du risque de voir la gauche l'emporter dans une circonscription ancrée à droite, nous avons décidé de retirer la candidature d'Irina Kortanek, sans aucune contrepartie.

    Louis Aliot, candidat dans ce même département, assure toutefois qu’il n’est "pas question de passer un accord avec M. Siré ou l'UMP", tout en saluant Fernand Siré pour son "respect des électeurs du FN".

     

    En 2011, Louis Aliot était battu au second tour des cantonales par Toussainte Calabrese, candidate socialiste de la 2e circonscription du département.

     
  • 2  Marine Le Pen condamne une second désistement

    Marine Le Pen avait promis qu'un candidat du FN ne se désisterait pour le second tour. Raté. Mardi soir, Martine Furioli-Beaunier, candidate du Front national arrivée en 3ème position dans la circonscription de Carpentras-Nord, a décidé mardi de se retirer pour le second tour. Objectif : "faire barrage à la gauche" : 

    J'ai mûrement réfléchi, j'ai décidé de me retirer pour faire barrage à la gauche. 

    Colère du côte de l'état-major du FN : Marine Le Pen condamne "fermement" le retrait de la candidate. "Je n'ai pas besoin de demander, je suis avocate, je suis indépendante de caractère", prévient Martine Furioli-Beaunier. 

     

    Elle laisse ainsi le champ libre au second tour à l'UMP  Julien Aubert, arrivé deuxième au premier tour, face au candidat PS Jean-François Lovisolo (35,27%).

     
  • 3  Dans l'Eure-et-Loir, le FN lance un appel implicite en faveur d'un candidat UMP

    Marine Le Pen a affirmé un grand principe au lendemain du premier tour : la consigne générale est de laisser la "liberté de vote" aux électeurs du Front national et de ne pas donner de consignes. 

     

    Mais le Front national a lancé mardi sur son site internet d'Eure-et-Loir un message implicite visant à soutenir Jean-Pierre Gorges, candidat de l'UMP à Chartres opposé en duel au "socialo-communiste", David Lebon.

     

    Dans un billet titré "Législatives en Eure-et-Loir: barrage à la gauche", le secrétaire départemental du parti d'extrême droite Philippe Loiseau réaffirme dans un premier temps la consigne générale donnée par Marine Le Pen mais rappelle que le candidat de l'UMP s'est exprimé en faveur de la participation de Marine Le Pen au scrutin présidentiel à un moment où, du fait des parrainnages, sa présence n'était pas assurée : 

     

    "Toutefois, il est important que les militants et sympathisants du FN ainsi que tous ceux qui ont voté pour le candidat du Rassemblement bleu marine (FN et alliés) sachent que Jean-Pierre Gorges, maire de Chartres et candidat sortant de la 1re circonscription, est le seul élu qui a dit qu'il n'était pas normal que Marine Le Pen ait autant de difficultés à obtenir ses 500 parrainages."

     

    Pour ce responsable local, le parti doit tenir compte de la volonté des militants d'une entente avec l'UMP :

"Quoi qu'il en soit, nous devons tenir compte des attentes des militants du Front National et de l'UMP qui sont nombreux à l'échelon local à souhaiter une relation cordiale pour s'opposer fermement au PS et à la politique de François Hollande."

 

 

Le Figaro, 12/06/2012 :  L'UMP Boënnec soutenu par le FN

La candidate du FN dans la neuvième circonscription de Loire-Atlantique, Marguerite Lussaud, a déclaré qu'elle appelait à voter pour le député UMP sortant Philippe Boënnec.....

 Marguerite Lussaud ( secrétaire départemental du FN) a expliqué :
".....S'il n'avait pas appelé, je ne l'aurais pas fait, évidemment", a-t-elle précisé, ajoutant qu'elle avait a demandé l'autorisation au siège du FN avant d'accorder son soutien et qu'elle l'avait obtenue "aujourd'hui à 13h30.
Hier, Philippe Boënnec avait confirmé avoir demandé son soutien à Marguerite Lussaud, rappelant sa conviction de la nécessité d'appliquer la "règle d'or" budgétaire, son "opposition au droit de vote des étrangers", au mariage des personnes homosexuelles. "Sur ces valeurs-là, sur les valeurs de société, nous partageons plus de choses en commun avec le FN qu'avec le PS", avait poursuivi l'élu, également secrétaire départemental de l'UMP.

 

 

France3 Languedoc Roussillon, 12/06/2012 | 17:36

"Dans le cas particulier de la 2e circonscription, en raison du contexte local, du risque de voir la gauche l'emporter dans une circonscription ancrée à droite, en raison de la personnalité du candidat UMP (...) nous avons décidé de retirer la candidature d'Irina Kortanek, sans aucune contrepartie", a déclaré Louis Aliot lors d'une conférence de presse.  (................)

M. Aliot salue également un homme politique de droite qui ne diabolise pas le Front national.

"Je sais que cela va faire du bruit. Nous ferons date pour l'avenir", a lancé devant des journalistes Louis Aliot, lui-même qualifié pour le second tour à Perpignan dans une triangulaire qui semble favorable au PS.

C'est "un symbole qui pourrait porter au delà de la circonscription", a encore dit le vice-président du FN. (.............)

Louis Aliot, conseiller régional de Languedoc-Roussillon, qui brigue la mairie de Perpignan en 2014, entend montrer ainsi à l'électorat conservateur que le FN "sait faire preuve de responsabilité. On ne fait pas de cadeaux, mais on peut faire des efforts, sur la base des idées".

"De nombreux élus UMP considèrent qu'il n'y a plus de raison de ne pas discuter avec nous", a-t-il conclu.

 

 

Midi-Libre, 12/06/2012, 10 h 27

Louis Aliot, vice-président du Front national, a démenti ce matin un désistement du candidat FN sur la 3e circonscription du Gard, Gilles Caïtucoli.

L'information avait filtré de la part de membres gardois du FN, "un peu trop bavards et qui ne savent pas", explique Louis Aliot.

Le désistement potentiel est en fait conditionné à un désistement d'Etienne Mourrut(UMP) sur la 2e du Gard. Et Louis Aliot croit savoir qu'Etienne Mourrut a choisi, finalement, de déposer sa candidature.

NOTE RLF : Le candidat et député sortant UMP Mourrut  avait d'abord dit "réfléchir' à se désister au profit du FN Gilbert Collard, ( la candidate PS sera elle aussi présente au second tour)  ...

 

France Bleu Gard-Lozère,14 juin, 8h :  Agression de la suppléante d'Etienne Mourrut
 
Eline Enriquez-Bouzanquet, la suppléante du député sortant UMP Etienne Mourrut a été agressée hier soir à proximité de son domicile de Saint Dionezy, par un inconnu qu'i l'a frappée au visage et asséné plusieurs coups de pieds. L'agresseur aurait déclaré : "Vous soutenez les arabes, la prochaine ce sera au tour d'Etienne Mourrut". Madame Enriquez Bouzanquet a été découverte par un couple d'amis, qui a aussitot prévenu les secours. Elle a été hospitalisée dans la nuit à Carremeau et souffre de plusieurs contusions.

 

 

L'HUMANITE 12 juin  :

".......

les feux de l'actualité se sont déplacés des petits arrangements électoraux de l'ancien parti de Nicolas Sarkozy avec le Front national, vers la controverse de La Rochelle.

Ainsi, sont oubliés:

  • l'entretien donné par Nadine Morano au journal d'extrême-droite Minute, dans lequel la candidate UMP en ballottage défavorable en Meurthe-et-Moselle "appelle tous les électeurs - dont ceux du FN - à se reporter sur ma candidature et sans état d'âme, car il en va de l'avenir de la France. Pour moi, les électeurs du Front national n'ont pas à être rejetés de la République. À ce que je sache, le Front national n'est pas interdit par la République."

NOTE RLF : Minute, l'hebdo d'extrême-droite,  semble devenir un nouvel organe de presse de l'UMP. Cet entretien de Morano accordé à Minute fait suite à ceux des ministres de Sarkozy, Longuet et Mariani, et à celui de l'UMP des Bouches du Rhone, Roland Chassain.

  • le désistement du candidat du Front national Irina Kortanek au second tour dans la 2e circonscription des Pyrénées-Orientales, en faveur du candidat UMP sortant, pour éviter une triangulaire et une probable victoire du PS.
  • le retrait de l'UMP Roland Chassain au profit du FN dans les Bouches-du-Rhône, pour faire battre le socialiste Michel Vauzelle
  • les appels du pied du député sortant UMP Hervé Novelli, en ballottage défavorable dans sa circonscription d'Indre-et-Loire, qui a prévenu mardi les 11,36 % d'électeurs du FN que son rival socialiste voterait "des mesures auxquelles ils sont foncièrement opposés" s'il était élu: "le vote des étrangers aux élections locales, le retour de l'assistanat, le laxisme en matière d'immigration, de sécurité et de justice"...

Tous ces arrangements étayent la position de Pierre Moscovoci. le ministre de l'Economie affirmait ce mardi matin, sur Europe 1: "Cette droite républicaine, qui aujourd'hui n'existe plus, n'a plus de clarté idéologique, n'a plus de principes, n'a plus d'ordre, qui est dans la confusion absolue, et qui est en train de tomber dans le piège que lui tend Marine Le Pen, d'un côté on ne condamne pas le Front national, et de l'autre coté on subit les listes noires."

 



13/06/2012

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