Vigilance Isère Antifasciste

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Au Touvet (38) , apologie des crimes de l'OAS


Mise à jour 11 juin 2012 :


Les "Jeunesses nationalistes", groupe ouvertement fasciste lancé par l'ex-FN Alexandre Gabriac et l'Oeuvre Française, publient sur leur site un article  rendant compte de leur participation à  l'autre "'hommage" pro-OAS du 7 juin, à Perpignan. Le Préfet avait pourtant interdit cette manifestation.

Ces fascistes se vantent de leur "présence remarquée" et de leur  "soutien aux anciens combattants de l’OAS, venus rendre hommage à leurs camarades tombés sous les balles des traitres Gaullistes."

Selon eux, " le courage et l’esprit de sacrifice de ces hommes, doit être pour nous source d’inspiration pour le combat à mener."

L'article est illustré par l' affiche de l'OAS ci-contre.

 

Une nouvelle apologie de crimes, une nouvelle injure aux victimes ! 

Nouvelle démonstration aussi  de la continuité entre  criminels  colonialistes de l'OAS et la "nouvelle génération" d'extrême-droite.

 

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Au cimetière du Touvet, le 10 juin 2012, ( jour d'élections !), les partisans de l'OAS entendent rendre un hommage public envers un terroriste de l'Algérie fançaise, Claude Piegts.

 

Rassemblement interdit puis autorisé.  Jean-François Gavoury, Président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l'OAS (Anpromevo), et dont le père avait été assassiné par Piegts, avait demandé l'interdiction de cette nouvelle manifestation organisée par l'ADIMAD (une association d'anciens membres et soutiens des terroristes de  l'OAS). L'interdiction prononcée par le Préfet de l'Isère a été annulée par le tribunal (alors qu'à Perpignan,le tribunal a confirmé l'interdiction d'une  manifestation similaire). Voici ce que JF Glavoury écrivait au maire du Touvet ainsi qu'au Préfet :

 

".....  votre commune doit cesser d’être le théâtre de scènes de diffamations et injures publiques à la mémoire d’un fonctionnaire de l’État reconnu Mort pour la France à titre militaire.

 ....  la date de l’hommage à Claude Piegts prévu cette année ne doit rien au hasard.... en effet, ce type de manifestation est habituellement programmé le 1er dimanche de juin : la dimension éminemment politique de l’événement, coïncidant avec le premier tour d’élections nationales, est suffisamment transparente pour appeler des mesures appropriées de votre part....

....  Le temps de la réhabilitation de l’OAS appartient au passé, celui de la primauté des principes républicains s’annonce : il importe que  vous y apportiez votre contribution en empêchant qu’éloge public soit fait du complice d’un crime de guerre parmi les plus odieux et les plus lâches commis au nom de l’OAS. ..." 

 

 «...Comme la tombe même de Claude Piegts, revêtue d’une plaque de l’Adimad l’érigeant en héros et martyr de l’OAS ("On pense A lui Sans cesse", lit-on sur l’épitaphe), le rassemblement envisagé dans le périmètre de sa sépulture ne peut avoir d’autres conséquences que de porter gravement atteinte à la mémoire de mon père, Roger Gavoury, commissaire central d’Alger tombé, victime du devoir, et à l’honneur des membres de ma propre famille, comme, à travers eux, à l’ensemble des veuves et descendants de victimes de l’OAS...Et au-delà des risques de troubles à l’ordre public inhérents à une manifestation aussi offensante à l’égard des quelque 2 700 civils et militaires tombés il y cinquante ans sous les coups d’un véritable syndicat du crime...»

 

Claude Piegts.   Civil pied-noir, il rejoint l’OAS dans la clandestinité après le putsch d’avril 1961.  Né le 1er janvier 1934 à Castiglione, Algérie,  membre du Commando Delta 1, cet exécutant des crimes commandés par Degueldre a été fusillé dan ce lieudit le "Trou de l’Enfer" le 7 juin 1962, dans le Fort de Marly le Roi (78).

Il participa à l’assassinat du commissaire central Roger Gavoury le 31 avril 1961, jusque quelques jours après le putsch raté (heureusement). Arrété avec le sergent déserteur Albert DOVECAR, ils comparaissaient entre le 26 mars 1962 et le 30 mars 1962 devant le tribunal militaire spécial de Paris. Ils seront condamnés à mort et exécutés le 7 juin 1962.

Sur la tombe de Piegts, apologie de crimes de l'OAS :

 

 

Sur sa tombe est déposée cette plaque qui est tout un symbole puisque l’inscription :

"On pense A lui Sans cesse" est sur 3 lignes qui commencent par les 3 lettres OAS.

Cette plaque a été réalisée par l’ADIMAD-OAS.

 

La mention "mort en héros au trou de l’Enfer" est  plus qu’indécente et outrageante:  l'apologie de crimes est un délit. D'ailleurs , le Conseil d'Etat a déjà ordonné l'enlèvement d'une autre stèle érigée par l'ADIMAD à Marignanne (voir ici : LDH-Toulon)

 

 

 

Jean François Collin et l'Adimad.  En mai 2011, le gouvernement Sarkozy avait décerné la Légion d'honneur à JF Collin, président de l'Adimad. Jean-François Collin avait été pourtant  l’instigateur de la tentative de meurtre contre le gaulliste Yves Le Tac, sur son lit d’hôpital (il avait été  auparavant grièvement blessé par l’OAS  lors d'un précedente tentative d'assassinat).

Jean-François Collin déploie une activité inlassable en faveur de l’association qu’il préside, inaugurant plaques et stèles commémoratives en l’honneur et à la gloire des quatre fusillés de l’OASMarignane, Perpignan ... – organisant des événements plus ou moins médiatiques, comme à Darney en hommage au colonel Argoud. « Nous étions tous des résistants », aime-t-il à répéter, ajoutant parfois « je suis désolé pour certaines des familles de victimes mais nous avions affaire à des traîtres. » Collin a été élu du Front National, cultive ses amitiés avec toute la mouvance FN, et évidemment, a appelé à voter Le Pen aux élections de 2012...

 

De plus en plus de stèles et monuments pro-OAS.  Henri Pouillot a fait son service militaire en Algérie, comme deux millions d'appelés.  Affecté de juin 1961 à mars 1962 à la villa Susini, le centre d’« interrogatoires » des paras du 1er REP,  il a été marqué à jamais par ce qu’il y a vu. Inlassable militant anticolonialiste et dénonciateur de l’usage de la torture, il tient sur son site internet  un décompte précis des stèles à la gloire de l’Algérie française qui ne cessent d’être érigées à travers le pays. Selon ses calculs, il y en avait une quinzaine en 2002, et 60 aujourd’hui.

 


Le Canard enchaîné du 6 juin 2012 :

Ces ex-terroristes décorés par l’Etat


D’anciens terroristes, ayant exercé leurs talents sur des Français et pris les armes contre la République, font l’objet d’étranges marques de reconnaissance. Ce paradoxe est dénoncé dans la lettre que vient d’adresser à la direction de l’Office national des anciens combattants et des victimes de guerre Jean-François Gavoury, fils du premier fonctionnaire assassiné, le 31 mai 1961, par l’OAS. A cette époque, et jusqu’en juin 1962, l’Organisation armée secrète a multiplié les meurtres, ciblés ou aveugles, au nom de l’Algérie française. Comme l’assassinat, au poignard, de Roger Gavoury, commissaire central d’Alger.

Depuis plusieurs années, écrit son fils, l’Etat pratique « une politique de mémoire extrêmement discriminatoire ». Et d’évoquer la série de décorations récemment attribuées à ces anciens extrémistes coloniaux. En 2006, « le lieutenant déserteur Michel Alibert, premier chef de l’OAS à Constantine », reçoit la Légion d’honneur. En avril 2007, la même distinction est accordée à « l’ancien sergent déserteur Gérard Baudry », jadis poursuivi par la justice pour ses exploits en Algérie.

Nouvelle décoration décernée, en mai 2011, au « sous-lieutenant déserteur Jean-François Collin, président d’une association d’anciens condamnés et détenus de l’OAS », lui aussi persécuté par les magistrats républicains. Pour sa remise de ruban, Collin avait choisi le cimetière de Marignane, où a été érigée une stèle à la mémoire des fusillés de l’Organisation. Dans son discours, le récipiendaire a dédié « cette croix à tous les combattants de l’OAS morts les armes à la main ou fusillés par le plus grand traître de l’Histoire de France » [1]. Un hommage respectueux à Mongénéral.

Dernier décoré, en novembre 2011, Hélie Denoix de Saint Marc. Pour Gavoury, son passé de résistant, de déporté puis de combattant en Indochine ne peut faire oublier qu’il a entraîné le régiment étranger de parachutistes dans le putsch de 1961 [2].

Mais les bonnes manières ne s’arrêtent pas là. L’Etat a aussi permis aux anciens de l’OAS de reconstituer leur retraite pour les périodes clandestines durant les quelles ils n’avaient pu cotiser... Grâce à une loi de 2005, ils ont déposé devant la Commission de l’indemnité forfaitaire — où siège un ex-chef de l’OAS d’Oran — plusieurs centaines de dossiers. « Cette mesure, évaluée à 800 000 euros, profitera à 67 terroristes ayant dû s’exiler pour échapper à la justice, conclut Gavoury. Pour certains, la gratification atteindra le montant — non soumis à l’impôt — de 30 000 euros. »

Depuis de Gaulle, qui avait fait voter en juin 1968 une loi d’amnistie, jusqu’à Sarkozy, chaque président a participé à l’adoucissement du sort des ex-OAS : Giscard avait imposé une loi d’amnistie complémentaire ; Mitterrand avait facilité la « reconstitution de carrière » des anciens parachutistes, etc. Preuve que, même pour les anciens manieurs de bombe ou de poignard, la pénibilité du métier peut être prise en compte.

 

Voir aussi :

 - Ligue des Droits de l'Homme , Toulon, : L’Adimad-OAS à l’honneur

-  Nouvel Obs, octobre 2010 : Comment Sarkozy drague les rapatriés  ( avec des infos sur les réseaux et relations entre ex-OAS, sarkozistes, Front National )

 

Gilles Kuntz, élu de Grenoble, novembre 2010 : La ville de Grenoble refait la « guerre d’Algérie »    La Ville de Grenoble accueille une exposition de l'UNC (Union nationale des combattants), nostalgiques du colonialisme  :
"....  Le Maire est prêt à tout pour tenter de grapiller quelques voix. A-t-il pensé à son ami Pierre Fugain (un grand résistant grenoblois) qui doit se retourner dans sa tombe en voyant un panneau sur les porteurs de valise accusés d’aider les terroristes. Plus grave, la torture est dénoncée quand elle est pratiquée par le FLN alors que l’armée française « confrontée à la logique du contre-terrorisme n’a pas pu éviter les écueils de la répression  .... » .
En mai 2012, cette exposition, intitulée "Guerre d'Algérie, une exigence de vérité" a été présentée de nouveau à Meylan.  Voir le discours de l'Adjoint au maire et président de l'UMP de l'Isère, Jean Claude Peyrin, qui assimile les anticolonialistes à   "des soutiens du terrorisme  parfois surprenants : intellectuels de gauche, réseaux divers et variés, monde politique (PC et CGT) ".

 



10/06/2012

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