Vigilance Isère Antifasciste

Vigilance Isère Antifasciste

La "dissolution" de trois groupes néonazis ne résoud rien. Contre le danger extrêmes droites, il faut s'organiser ( avec La Provence, Mediapart, La Horde, etc)

 Lors d'un discours au siège  du CRIF, le Président Macron avait annoncé la "dissolution"(sic) de trois groupes néonazis "Bastion Social", "Blood and Honour Hexagone", c'était le 20 février. Une annonce  ayant des effets plus publicitaires que concrets.D'aileurs 3 semaines plus tard, le décret de dissolution n'a toujours pas été signé, laissant ainsi à ces groupes  tout le temps pour se réorganiser...

En réalité, cette "interdiction officielle" de  ces trois groupes ne signifie en aucun cas la disparition des idées fascistes et racistes ni l'arrêt de la pénétration des idées de l'extrême-droite  et de son agressivité.

Plus que jamais, il demeure indispensable de continuer le combat contre l'extrême-droite et ses nombreuses mouvances, contre  ses idées et ses poisons toxiques, ses infiltrations et son influence dans les esprits, dans les réseaux sociaux, (souvent à coup d'intox fabriquées  de toutes pièces et de diffusion de fake-news) dans les medias, dans les appareils et programmes politiques, dans les mouvements de colère sociale telle celui des Gilets Jaunes.

 

Notre autre article illustre très clairement les procédés mis en place par  l'extrême-droite néofasciste, comment elle pousse ceux qu'elle nomme "les combattants racistes" à passer à l'action directe.

Nous désignons tout particulièrement un site qui en très peu de temps a obtenu une forte audience et influence : "democratieparticipative "  , site qui est en  réalité un site très ouvertement hitlérien, pour diffuser une propagande hyper-raciste et pour fournir aux  "combattants racistes" (sic ! )  des conseils pratiques pour  l'action directe nazie et raciste.

Pour mieux "hameçonner" les internautes, il s'est déguisé sous ce nom très trompeur.

 

Il conviendrait mieux de nommer ce site ainsi :  "DP" ="Haine raciste participative" - "Hitlérisme participatif".

 

 

Contre la  forte et agressive recrudescence de la peste brune, c'est à nous de nous organiser collectivement contre l’extrême droite.

L’antifascisme et  l'antiracisme sont l'affaire  de tous et toutes, c'est un combat, populaire,  qui doit être mené sur le terrain et sur le fond.

Il devient de plus en urgent de renforcer les vigilances et l'action collective antifasciste et antiraciste, et de mieux la structurer.

 

En effet, les extrêmes-droites développent leur offensive, de façon coordonnée,  et de plus  en plus agressive et brutale.

Ce regain de peste brune est d'autant plus dangereux qu'il ne se répand pas qu'en France : les diverses extrêmes droites s’organisent, actuellement à l’échelle européenne et mondiale. Il n'est aucunement abusif de constater une montée en puissance des néo-fascismes, et même du néo-nazisme.

Une véritable Internationale brune s'est mise en place ( nous reviendrons probablement ultérieurement, dans un autre article,sur ce sujet...)

  • Pour l'Isère, nous vous recommandons de vous rapprocher de RLF-38, Réseau de Lutte contre le Fascisme (ex-Ras L'Front),  dont Vigilances-isere-antifascisme est très ami ... :  CONTACTS : https://www.isere-antifascisme.org/contact
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BASTAMAG

L’extrême droite américaine lorgne sur l’Europe, mais peine à y étendre son influence

par Cole Stangler

https://www.bastamag.net/L-extreme-droite-americaine-lorgne-sur-l-Europe-mais-peine-a-y-etendre-son

Après avoir conquis la Maison blanche aux côtés de Donald Trump, Steve Bannon, conseiller providentiel auprès du président américain, mais aujourd’hui en disgrâce, rêve désormais de fédérer les extrêmes-droites européennes à l’approche du scrutin du 26 mai. Si des liens s’esquissent, notamment via des think-tanks et des financements, les poids lourds du nationalisme européen restent à ce jour plutôt rétifs à l’entreprise de séduction initiée Outre-Atlantique. Une internationale des extrêmes-droites prend cependant forme, d’abord sur le plan idéologique.

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LA CROIX  15/02/2019

Espagne: Pedro Sanchez convoque des législatives incertaines pour le 28 avril

(......) Un pari risqué alors que selon plusieurs sondages récents, son parti pourrait arriver en tête mais sans alliés suffisants pour gouverner. Une majorité que seraient en revanche en mesure de former le Parti populaire (PP, droite), Ciudadanos (libéral) et le parti d'extrême droite en pleine expansion Vox. (......)

 

 

France Inter le samedi 2 mars 2019

Quand le RN fait estrade commune avec les amis de Poutine

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Le parti de Vladimir Poutine sur scène, aux côtés du Rassemblement national, du jamais vu ! Les jeunes réalisent ce que les seniors n’ont encore jamais osé car, officiellement, il n’existe aucun lien entre les deux appareils. Ce sont donc les mouvements de jeunes qui animeront ce meeting commun, à Rome, à la chambre des députés.

À la tribune, la tête de liste du RN, Jordan Bardella, aux côtés des jeunes de Russie Unie. Et devinez qui conclura ce meeting ? Rien de moins que le vice-premier ministre italien, Matteo Salvini, celui qui est en train de fédérer toute cette droite populiste en vue des européennes. Et d’ailleurs, aux côtés des jeunes Russes, Français et Italiens, il y aura les Allemands de l’AFD, les Autrichiens du Fpö, les Belges du Vlaams Belang, les Britanniques de Ukip et les Polonais du PiS qui sont au pouvoir actuellement à Varsovie et qui, sur le papier également,

n’entretiennent aucune relation officielle avec le RN.  (..............)

 

LE MONDE-7 mars 2019

Des milliardaires américains financent discrètement des campagnes de désinformation en Europe

 Un petit groupe de très riches américains soutient indirectement plusieurs sites de « réinformation » et de campagnes publicitaires en ligne en Europe.

Au cœur du dispositif se trouve notamment Robert Mercer, le codirigeant du puissant fonds d’investissement Renaissance Technologies, et sa fille Rebekah, qui ont financé le lancement de Breitbart News, le site conspirationniste fer de lance de l’« alt-right » (« droite alternative », mouvance d’extrême droite) et de la campagne de Donald Trump. Steve Bannon, l’ancien conseiller du président, en était le rédacteur en chef. « Ce sont les Mercer qui ont posé les bases de la révolution Trump, expliquait M. Bannon en 2018 dans un entretien au Washington Post. Si vous regardez qui sont les donateurs politiques de ces quatre dernières années, ce sont eux qui ont eu le plus grand impact. »*

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Article accessible ICI

 

 

 

Enquête  La Provence -  jeudi 28/02/2019

Par Laurent D'Ancona avec Delphine Tanguy et Romain Cantenot

 

Ce que la mouvance d’ultra-droite représente dans notre région

Malgré la faiblesse de ses effectifs et l'annonce par le chef de l'État des dissolutions de deux groupes ancrés dans la région, Bastion social et Blood and Honour, la mouvance d'ultra-droite conserve son pouvoir de nuisance

 

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Marche de l'Identité aixoise organisée par les Identitaires. Aix-en-Provence, janvier 2017. Photo Serge Mercier

 

En annonçant le 20 février dernier lors du dîner du Crif qu'il allait demander la dissolution de plusieurs "groupements", "qui nourrissent la haine", Emmanuel Macron a voulu apporter une première réponse "tranchante" aux Français de confession juive, accablés et inquiets par la recrudescence des actes antisémites. En réalité, cette réplique était servie sur un plateau.

Les procédures judiciaires contre des groupes d'extrême droite inscrits sur cette liste noire, ou plutôt grise, étaient déjà, a minima, dans les tuyaux du ministère de l'Intérieur.

Selon nos informations, ces mises au ban du Bastion social, de Blood and Honour Hexagone  et de sa branche dissidente Combat 18 s'appuient sur un cadre juridique peu ou prou similaire : "incitation à la constitution d'un groupe armé".

 

Concernant le Bastion social, Médiapart,  article accessible ici   évoque des faits datés du 1er décembre. Lors de l'Acte III des gilets jaunes, cette association d'inspiration néofasciste avait appelé à "recréer le chaos" à Paris. Avant qu'une centaine de radicaux ne passent des paroles aux actes, en participant activement aux incidents de l'Arc de Triomphe diffusés en mondiovision.

Mediapart Bastion   2019-03-02 052323.jpg

image isere-antifascisme

 

Avec cet appel à grossir les rangs des gilets jaunes, le nouveau chef du Bastion, le Strasbourgeois Valentin Linder, successeur du Lyonnais Steven Bissuel - en retrait depuis sa condamnation pour la publication d'un dessin antisémite - entendait profiter de la fièvre sociale pour accroître la visibilité du groupe. Et, ainsi, recruter de nouveaux fidèles... Au final, cette stratégie aura peut-être précipité la chute, sous ce nom, du mouvement né à l'été 2017 sur les cendres du GUD (Groupe Union Défense).

Sous couvert d'aides aux plus démunis "de souche", le Bastion a depuis essaimé à une vitesse record dans les villes d'Aix-en-Provence, Chambéry, Marseille, Strasbourg et Clermont-Ferrand.

"Ils vont sûrement déposer un recours, tempère le chercheur Nicolas Lebourg. Ils peuvent aussi réactiver la marque Gud qui n'a jamais été dissoute par l'État. Ce serait comique quand on sait que le GUD est à l'origine du Bastion"

 

Street Press, 18/12/2018 :    Bastion Social Chambéry : une virée violente pour fêter le titre des Bleus

Tribunal correctionnel de Chambéry – Dans la salle, le visage d’Edgar se rembrunit. Son affaire ne sera jugée qu’en juin 2019. « Je serai là », affirme-t-il d’emblée. Quand il sort de la salle, il croise le regard de Mathias Jacquet et de Florian Danger, deux membres du Bastion social, un mouvement néo-fasciste récemment installé à Chambéry.(....)

 Lorsque le trentenaire se retourne pour parler à un de ses amis, il voit deux d’entre eux faire un salut nazi en sa direction. Edgar ne peut s’empêcher de lancer : « Ah en plus vous êtes des fachos ». Puis réplique par un doigt d’honneur. Soudain, les deux nationalistes courent vers lui et lui assènent « un gros coup de poing » selon les déclarations de Manon à la police. Edgar tombe par terre. Un des membres du Bastion lui porte plusieurs coups de pied ...........

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Note isere-antifascime :

1) Le Bastion Social de Chambéry loue un local, en plein centre ville, quilui sert de base pour l'action fasciste. Le propriétaire a été berné, le BS utilisant une association-déguisement, nommée, "Les petits reblochons". 

Voir les noms et domiciliations de cette asso-paravent ici

2) Le 2 février, une manif s'est déroulée à Chambéry, pour exiger  la fermeture du local des nazis. La police veillait à leur protection... Voir l'article et la vidéo de Réseau Antifasciste Savoie

 

Des néonazis marseillais ciblés

La Horde Delboy-Manif-AF.jpgL’annonce de la dissolution de Blood and Honour Hexagone a pu surprendre. Pourquoi inclure, au côté du Bastion social, ce réseau confidentiel d’organisateurs de concerts néonazis ? Réponse simple : comme révélé par La Provence, Blood and Honour, dirigé par e Marseillais Loïc Delboy, 37 ans, est visé par une enquête qui semble avoir mis au jour la "constitution d’un groupe de combat" "détenant ou ayant accès à des d’armes" indique une source judiciaire.  Huit mis en cause, dont deux autres leaders présumés du clan (Pierre Sacanaro et David Dumas), devraient être renvoyés prochainement en correctionnelle.

 

 

 

Site antifasciste  LA HORDE, le  12/04/2016 :

 

Blood & Honour Hexagone : du bruit, des coups, des armes

 

La Horde  avirl  2016  BH-groupe.jpg1. Jean-Yves Wébert (Toul), 2. Yoann Lodbrok (Bourgoin-Jallieu ), 3. Jonathan Bottin (Genève), 4. Alexis Peissonneaux (Lyon), 5. Romain Blachon (Lyon), 6. Loïc Delboy (Marseille, chef de B&H Hexagone) 7. Xavier Bourgeois (Collombey-Muray, Suisse), 8. Nicolas Gayraud (Monthey, Suisse), 9. Loïc Staïanov (Toulouse).

 

Le 30 mars 2016,, une vaste opération policière dans huit régions différentes a conduit à l’interpellation de onze néonazis du réseau Blood & Honour (BH) : au cours des perquisitions, onze armes d’épaule, deux revolvers gomme-cogne, 28 armes blanches, des gilets pare-balles, des casques lourds et divers bibelots nazis ont été découverts. Pour mieux comprendre de quoi il retourne, voici une petite présentation  de l’histoire, des animateurs et des activités de ce réseau néonazi français.

Alors que l’état d’urgence est prolongé jusqu’au 26 mai, que des milliers de perquisitions, des centaines de gardes-à-vue ont été menées sur de simples présomptions, les trois principaux membres de Blood & Honour, en dépit du stock d’armes découvert chez eux, sont ressortis libres (sous contrôle judiciaire) après leur mise en examen pour “association de malfaiteurs, acquisition, detention et cession d’armes en bande organisée et participation à un groupe de combat” (ouf !) : pour le parquet de Marseille, « le trouble à l’ordre public est loin d’être évident ». Quelque chose nous dit qu’il en aurait été autrement si les trois interpellés s’étaient appelés Ahmed, Ibrahim et Abdel, et si on avait

trouvé chez eux des exemplaires du Coran à la place de Mein Kampf

Mais il se trouve que nos pieds nickelés s’appellent  Loïc Delboy, David Dumas et Pierre Scarano, trois militants néonazis “bien de chez nous” du Réseau Blood & Honour Hexagone  

 

Lire  la suite .....

 

À l’origine de cette affaire, une série de coups de filet opérés dans plusieurs régions françaises qui a permis la saisie d’un arsenal inquiétant : 11 armes d’épaule, deux revolvers, 28 armes blanches, des gilets pare-balles, des casques lourds et plusieurs objets ou drapeaux nazis. Très structurée, cette organisation s’était dotée d’un fonctionnement quasi militaire :

"Loïc Delboy se trouvait à la tête, un premier cercle était composé de 18 membres, un deuxième était composé d’aspirants mis sous surveillance afin d’éviter toute infiltration, un troisième cercle comprenait les sympathisants", décrypte un enquêteur. Des militants animés par une même "haine profonde des individus d’origine maghrébine notamment", ont attesté les écoutes. "Etaient recrutées les plus grosses têtes brûlées du mouvement skinhead. Ces aspirants pouvaient devenir membres après avoir fait leurs preuves en étant frappeurs". On évoque des rixes, des "ratonnades" initiatiques… 

 

Trois fois par an, des messes brunes, mêlant concert de R.A.C (rock againt communism) et combats de free-fight, étaient montées dans des bourgades retirées, devant des centaines de crânes rasés.

Cérémonial immuable : "Il y avait toujours un discours porté par le chef, concentré sur la haine raciale et la décadence de la race blanche. Il se finissait par des Sieg Heil et des bras levés et le concert commençait", a raconté un des participants. Parmi les interpellés (tous placés sous contrôle judiciaire), on trouve le tatoueur aubagnais Jérémy Recagno, suspecté de faire du commerce d’armes.

Un nom qui parle dans les milieux d’ultra-droite. Féru de sports de combat, l’homme de 28 ans est impliqué dans l’agression d’une femme d’origine maghrébine et d’un militant communiste, en 2009.

Condamné à deux ans ferme, il a profité d’une permission pour se mettre en cavale et rejoindre le Ku Klux Klan aux USA.

Avant de se fixer en Europe de l’Est, aidé par Guillaume Pradoura, qui lui a fourni des points de chute.

Pradoura ?

Un colistier de Marion Maréchal aux régionales en 2015, présenté comme l’un de ses "experts". "Je l’ai aidé dans une sorte de réflexe paternaliste", se justifiera l’actuel assistant au Parlement européen du numéro 3 du RN, Nicolas Bay.

 

Médiapart, 9 janvier 2016 - Par Thierry Vincent

Un colistier de Marion Maréchal-Le Pen a aidé un skinhead en cavale

Colistier de Marion Maréchal-Le Pen aux dernières élections régionales, Guillaume Pradoura avait échappé aux écrans radars médiatiques. Marion Maréchal-Le Pen l’avait présenté à la presse le 28 novembre dernier comme l’un de ses « experts », appelé à l’aider à diriger la région si elle l’emportait – mais elle a perdu. Il est aussi l’assistant parlementaire à Strasbourg de l’eurodéputé Nicolas Bay, secrétaire général et numéro 3 du parti. Il est enfin l’un des animateurs du Collectif liberté et création (Clic), le cercle culturel lancé en juin par le Front national.

À l’heure de la « dédiabolisation » du FN, ses liens étroits avec un skinhead violent, auquel il a porté assistance quand il était recherché par la police, font un peu désordre.

Inconnu du grand public, Pradoura est une personnalité depuis plusieurs années du microcosme de l’ultradroite marseillaise. Diplômé en histoire de l’art, cet intellectuel n’a rien d’un nervi d’extrême droite. Mais ses relations avec les gros bras locaux sont anciennes.

En 2007, il est à l’origine de la création des Jeunesses identitaires Massilia. C'est l’antenne marseillaise du Bloc identitaire, créée en 2003 sur les ruines d’Unité radicale, un groupuscule d’extrême droite antisémite dissous en 2002 après que l’un de ses membres, Maxime Brunerie, a tiré le 14

juillet sur le président de la République Jacques Chirac

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 La  suite : en bas de cet article isere-antifascisme ...

 

 

 

 

 

PETITION CHANGE.ORG,  DATANT DU PRINTEMPS 2016

 

Nancy : pétition pour la fermeture d’un salon de tatouage néonazi

 

Nous, habitants du quartier Stanislas, Nancéiennes et Nancéiens, soucieux de la sécurité de notre quartier et de notre ville, nous inquiétons de l'ouverture récente du salon de tatouage Sanctus Tattoo, tenu par des néo-nazis, en plein centre-ville de Nancy.

Jérémy Felt et Jérémy Recagno, les deux tatoueurs du salon, entretiennent en effet de nombreux liens

avec la mouvance skinhead néo-nazie, et en particulier avec le groupuscule violent et armé « Blood & Honour Hexagone ».

Ainsi, plusieurs membres de cette organisation étaient présents lors de l'inauguration du salon le 9 avril dernier, arborant ouvertement tatouages et insignes SS.   (..............)

 

 

 

Malgré les dénégations de Jérémy Récagno sur son appartenance à Blood and Honour, les enquêteurs estiment qu’il a "par ses liens, clairement participé à ce groupement" qui avait "accès à divers types d’armes". Dans quel but ? "Pour se sentir en sécurité" ont mécaniquement répondu plusieurs des mis en cause. L’enquête n’a pas permis d’établir un quelconque projet terroriste ou criminel. 

 

 

Paris-luttes.info 

 2015-2018 : l’extrême-droite de plus en plus armée

 

Depuis plusieurs années, les groupes d’extrême-droite se réorganisent. Par des organisations comme le Bastion Social d’abord, mais aussi de manière plus souterraine. Corrélé à une forte augmentation de la circulation des armes en France et à une fascisation de la police, on voit des groupes d’extrême-droite s’armer, et parfois passer à l’action. Recension des moments où les fachos se sont retrouvés avec des armes entre les pognes.

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La "Bastide" : conférences, manifs, collages et dérapages

Né il y a un an à Lyon, le Bastion social s'est implanté à Aix à l'automne dernier.
Né il y a un an à Lyon, le Bastion social s'est implanté à Aix à l'automne dernier.Photo C.B.

Dans la région, c’est à Aix-en-Provence que le Bastion social a fait ses premiers pas.

En octobre 2017, la cité du Roi-René est la quatrième ville à accueillir une succursale de cet avatar du GUD fondé à Lyon au printemps précédent. Ici, c’est un groupe de jeunes ayant déserté les rangs de l’Action française qui est à la manœuvre. La vieille ligue royaliste de Maurras, très vivace sur le secteur, s’était illustrée ces dernières années par plusieurs actions coup de poing, notamment une irruption lors d’une conférence à Sciences-Po au cours de laquelle un homme avait été violenté et des menaces de mort proférées à l’encontre du député

Jean-David Ciot (PS).

 

Le groupuscule emménage d’abord discrètement dans un local de la rue Mignet, qui, comme chaque implantation locale, reçoit son nom de baptême : la "Bastide". Y sont organisées des conférences pour "former les esprits" et des cours d’arts martiaux, pour affûter les corps. Mais les soirées arrosées qui résonnent dans la cour et les va-et-vient bruyants exaspèrent les copropriétaires qui, d’abord, n’osent guère réagir. Après desdégradations commises dans l’entrée par des militants "antifas", leur propriétaire finira par les prier de quitter les lieux. Ils ont depuis ouvert un nouveau QG rue Saint-Joseph.

 

Dans l’espace public, quelques rassemblements sonores et furtifs sont organisés, des commémorations, collages d’affiches et distribution de

tracts les samedis sur le marché, sans oublier les "collectes alimentaires" pour les "vrais Français".

 

Agression raciste et silence côté mairie

Dans la nuit du 27 au 28 mai, après une manifestation ayant rassemblé des éléments descendus de Lyon, un couple de personnes d’origine maghrébine est molesté en pleine rue par une demi-douzaine de militants avinés. "Retourne faire le ramadan sale arabe" entend un témoin. Clément Duboy, un Marseillais de 22 ans, sera condamné pour "violences racistes", il est depuis interdit de séjour à Aix-en-Provence.

Malgré ces débordements intolérables, alors que la députée Anne-Laurence Petel (LREM) et à des élus d’opposition (PS, Partit Occitan) l’y pressent, Maryse Joissains, maire LR d’Aix, se refusera toujours à dénoncer la présence du Bastion social dans sa ville, se contentant, d’appeler à "éviter la surenchère".

Une indulgence dans laquelle on peut voir la proximité entre ces courants radicaux d’extrême droite et une certaine société aixoise avec laquelle il est préférable d’être en bons termes. 

 

Sur le  site  antifasciste LA HORDE, 1er mars 2019 :

Marseille : contre le Bastion social riposte antiraciste

Toutes et tous à Marseille le samedi 23 mars 2019 ! Contre le bastion social, riposte antiraciste !

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Malgré les récentes déclarations d’Emmanuel Macron se prononçant en faveur de la dissolution du « Bastion Social », nous pensons qu’il est nécessaire de continuer à nous organiser collectivement contre l’extrême droite. L’interdiction institutionnelle des groupes fascistes ne signifie en aucun cas la disparition de leurs idées et de leurs pratiques car nous savons que le fascisme est le bras armé du capitalisme. L’antifascisme est un combat de classe qui doit être mené sur le terrain et sur le fond.

N’oublions pas que cette même extrême droite s’organise actuellement à l’échelle européenne et mondiale avec la montée en puissance des fascismes.

Le 23 mars est l’occasion de réaffirmer collectivement notre volonté de combattre l’extrême-droite sous toutes ses formes et de partout !

Nous, les Squales, groupe antifasciste marseillais, appelons à une mobilisation d’ampleur le samedi 23 mars contre le « Bastion Social » et pour exiger la fermeture immédiate de leur local, aux côtés du Collectif Unitaire Antifasciste Marseille.  (.......)

BS Marseille 23 mars 2019 squales manif.jpg

 

 

Nicolas Lebourg, chercheur au centre d'études politiques de Montpellier et historien de l'extrême droite

 

Il est l’incontournable historien du Front national (rebaptisé RN). Celui qui a "bu plus de bières avec des militants frontistes que Florian Philippot". Reconnu pour la rigueur de ses analyses, jusque dans les rangs de l’extrême droite, Nicolas Lebourg, membre de l’Observatoire des radicalités politiques (ORAP), estime que "c’est par les marges qu’on

comprend le système". Interview très à la marge…

Comment définiriez-vous le Bastion social ?

Nicolas Lebourg : À leur sujet, on évoque souvent l’influence des néofascistes italiens de la CasaPound… Mais c’est plus une greffe de méthodes, en réalité. L’idée commune, c’est qu’on ne peut pas monter une section du Bastion sans monter un local, qui doit avoir des activités pour recruter. Et en prétendant à une vocation sociale qui s’incarnerait pas la volonté d’aider "les nôtres avant les autres". L’ancrage de militants d’un parti dans un quartier produit des effets de normalisation. En ouvrant un lieu dans une ville comme Marseille ou Aix, on montre qu’on est là,

qu’on tient un territoire, qu’on a une légitimité à exister.

 

Mais en soi, ces militants sont avant tout des nationalistes-révolutionnaires, comme on en avait en France bien avant CasaPound… Le Bastion est une tentative de relancer ce courant prônant un fascisme social, populaire, animé par un anti-impéralisme qui consiste, d’une part, en l’antisionisme. Ces gens considèrent en effet que le sionisme n’est pas une idéologie destinée à ce que les juifs émigrent dans un État. Mais que la création d’institutions internationales à partir de 1945, l’Unicef, l’Onu, l’OMC (…), est le fait du "lobby" sioniste qui veut ainsi s’assurer un pouvoir mondial. Il faudrait être très distrait pour ne pas comprendre ce qu’il y a

derrière : l’antisémitisme…

 

L’autre moteur du Bastion, d’autre part, c’est l’idée que pour la bonne organisation du monde, chaque groupe ethnique doit rester à "sa place". Ils ont encore ce fantasme que, non seulement, le pouvoir est prenable mais que des mouvements nationalistes frères l’ont pris. Que ce soit Mussolini en Italie, Nasser en Égypte, le Parti Baas en Syrie ou Kadhafi en Libye, il y a pour eux une continuité. Ça leur donne le sentiment d’être moins paumés dans

l’Histoire.

 

Dissoudre, est-ce une solution efficace ?

Nicolas Lebourg : En ce qui concerne les groupuscules nazis, Blood and Honour, Combat 18, ils existent à peine et ne sont pas officiels. Les dissoudre ne change rien à leur vie. Pour le Bastion, c’est plus compliqué. Quand vous avez un local, vous n’avez pas envie d’avoir des problèmes avec vos voisins, la police qui débarque tous les soirs. La légalité oblige à s’organiser, à définir des positions. Elle entraîne non seulement une pacification mais aussi des luttes de personnes et de courants qui neutralisent une part de la subversion ; elle nécessite des organigrammes donc simplifie

la surveillance, bref elle embourgeoise et neutralise.

 

Le problème de ces dissolutions, c’est qu’on ne fait pas disparaître, en même temps, les gens qui fréquentaient ces locaux. Ils vont pouvoir s’égayer. Regardez au début des années 70 : on a opté pour la dissolution simultanée des extrémistes de droite de l’Ordre nouveau et de la Ligue communiste de Krivine, après des affrontements à la Mutualité. Mais aussi, on l’oublie souvent, des mouvements corses… Résultat ? Ça a provoqué une explosion de violence sur l’île. Parce que ceux qui avaient fondé des groupuscules clandestins ont voulu montrer que le leur était celui où il fallait aller, le plus motivé, le plus révolutionnaire… Ils sont alors tous entrés dans une compétition de pose de bombes. Du côté d’Ordre nouveau, qui était jusque-là essentiellement impliqué dans des bagarres étudiantes contre des trotskistes, certains sont passés au terrorisme et ont commis des attentats dans des bars fréquentés par des pauvres clients maghrébins… Mais il y a aussi des dissolutions qui se sont "bien" passées. Génération identitaire, c’est plus "pacifique" et bien mieux pour l’ordre social qu’Unité radicale, leur matrice, dissoute après la tentative d’assassinat contre Chirac. C’est là qu’on arrive à un autre paradoxe : Unité radicale, comme il y avait trop de références fascistes, ne pesait rien dans l’opinion. Tandis que la communication de Générations identitaires est plus efficace et audible. Il n’y a donc pas de solution magique… Il s’agit de choisir entre ce qu’on enlève comme violence dans la rue, et ce qu’on

encaisse comme violence dans le débat public.

 

Il se dit que l’utra-droite a le vent en poupe…

Nicolas Lebourg : En réalité, ces groupes sont extrêmement faibles. Ce qui est nouveau par rapport aux années 90, c’est le retour de la tentation d’une violence de haut degré. C’est quand des types de l’OAS, dans votre région, se disent qu’il faut tuer, mener une politique de la terreur, parce qu’il n’y a plus que ça pour provoquer une "remigration". Car même si le Rassemblement national avait le pouvoir demain, ça ne permettrait pas de

chasser les immigrés.

 

Comment se positionne le Rassemblement national dans cette galaxie ?

Nicolas Lebourg : Ils ont bien compris à quel point ces types-là étaient des boulets pour l’opinion publique. Mais ils ont bien compris, aussi, que c’est toujours chez les radicaux qu’il y avait les meilleurs cadres. Si j’étais Marine Le Pen, je n’échangerais pas un Philippe Vardon contre 30 de mes gars modérés. De manière générale, le FN a absorbé tous les types talentueux et capables de mettre de l’eau dans leur vin. C’est un classique : le PS a absorbé les trotskistes et les maoïstes, et en a fait des sénateurs

qui ont pris trente kilos.

Paradoxalement, le FN empêche le système d’exploser. En s’attaquant aux valeurs de l’humanisme égalitaire et en prônant une pensée ethnicisée, il mine le système, mais en même temps, il protège les institutions en digérant ce qui pourrait être une vraie contestation révolutionnaire d’extrême droite. On gagne en maintien de l’ordre public ce qu’on perd en matière d’adhésion aux valeurs

humanistes.

 

Les gilets jaunes ont-ils été infiltrés ?

Nicolas Lebourg : À l’extrême droite, on n’a pas un immense respect pour les masses. On n’est pas démocrate. Mais il y a l’idée, qu’avec ces masses-là, selon comment elles sont dirigées, on peut réussir une révolution. La situation est tellement tendue sur les manifestations des gilets jaunes que ces groupes radicaux, pourtant infiniment petits, ont pu se dire qu’il y avait quelque chose à jouer. Et qu’au pire, ils auront fait des avancées extraordinaires par rapport à leur situation initiale d’extrême marginalité. On a vu en 1984 comment le GUD, qui n’existait plus, s’est renforcé de militants qui s’étaient radicalisés pendant les manifestations contre la loi Savary. À la fin de l’épisode des gilets jaunes, parce que ça va bien finir un jour, il va y avoir plein de gens qui auront été très chauds pendant six mois et seront des militants disponibles. C’est potentiellement un vivier nouveau.

 

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Mediapart 9 janvier 2016 - Par Thierry Vincent

 

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Un colistier de Marion Maréchal-Le Pen a aidé un skinhead en cavale

 

Loin de la « dédiabolisation » du FN, Guillaume Pradoura, colistier de Marion Maréchal-Le Pen et assistant parlementaire du numéro 3 du parti, a entretenu, jusqu’en 2010 au moins, des relations très amicales avec un skinhead raciste violent, proche du Ku Klux Klan. Il l'a même aidé à trouver des points de chute à l’étranger, alors qu’il était recherché par la police.

 Colistier de Marion Maréchal-Le Pen aux dernières élections régionales, Guillaume Pradoura avait échappé aux écrans radars médiatiques. Marion Maréchal-Le Pen l’avait présenté à la presse le 28 novembre dernier comme l’un de ses « experts », appelé à l’aider à diriger la région si elle l’emportait – mais elle a perdu. Il est aussi l’assistant parlementaire à Strasbourg de l’eurodéputé Nicolas Bay, secrétaire général et numéro 3 du parti.

Il est enfin l’un des animateurs du Collectif liberté et création (Clic), le cercle culturel lancé en juin par le Front national. À l’heure de la « dédiabolisation » du FN, ses liens étroits avec un skinhead violent, auquel il a porté assistance quand il était recherché par la police, font un peu désordre.

Inconnu du grand public, Pradoura est une personnalité depuis plusieurs années du microcosme de l’ultradroite marseillaise.

Diplômé en histoire de l’art, cet intellectuel n’a rien d’un nervi d’extrême droite.

Mais ses relations avec les gros bras locaux sont anciennes.

 

En 2007, il est à l’origine de la création des Jeunesses identitaires Massilia. C'est l’antenne marseillaise du Bloc identitaire, créée en 2003 sur les ruines d’Unité radicale, un groupuscule d’extrême droite antisémite dissous en 2002 après que l’un de ses membres, Maxime Brunerie, a tiré le 14 juillet sur le président de la République Jacques Chirac.

Pradoura est notamment à l’origine de la préparation d’une soupe aux cochons qui devait avoir lieu à Marseille, le 24 novembre 2007. Dans ce but, il sollicite Stéphane Ravier, conseiller municipal FN du 3e secteur de la ville depuis 1995, et aujourd’hui maire du 7e secteur et sénateur des Bouches-du-Rhône. Ravier est d’accord pour soutenir l’initiative. Figure locale du FN, il manque de cadres pour constituer ses listes pour les prochaines municipales de 2008. En échange du coup de main pour la soupe aux cochons, il demande à Pradoura de figurer sur sa liste.

Pour son coup d’éclat de la soupe aux cochons, Pradoura a aussi besoin de gros bras.

Il s’assure la présence de membres du DPS, le service d’ordre du FN, et de skinheads de la région.

C’est là qu’il sollicite Jérémy Recagno, un skin de 16 ans seulement mais déjà violent, adepte des sports de combat. La soupe aux cochons n’aura finalement pas lieu. Devant les rumeurs de la venue d’une centaine de militants antifascistes, Pradoura abandonne. Les identitaires se contenteront d’une distribution de tracts. Ravier renonce à venir en personne.

 

Mais le deal entre les deux hommes tient toujours. Pradoura figure sur la liste FN de Stéphane Ravier aux municipales de 2008. Pradoura va aussi promouvoir son nouvel ami Jérémy Recagno au sein des Jeunesses identitaires Massilia. Cet adepte du sambo, un art martial violent créé dans les années 1920 en Union soviétique (acronyme en russe de « self-défense sans armes »), devient responsable de la formation des jeunes aux sports de combat.

Mais Jérémy Recagno est incontrôlable. Le 16 août 2008, il agresse une femme d’origine maghrébine à Aix-en-Provence. Le 14 avril 2009, il se défoule sur un militant communiste à Salon-de-Provence. Le 9 juin 2009, il tabasse un militant de SOS Racisme dans un café à Aix-en-Provence. Arrêté peu après, il passe en procès en décembre. Les audiences se déroulent dans une ambiance délétère. Me Patrice Humbert, avocat d’une des parties civiles, se souvient du comité de soutien musclé à Jérémy Recagno. Un pavé a également été lancé sur une fenêtre de son cabinet.

Me Humbert reçoit aussi une lettre de menaces de mort : « Avocaillon bolcho. Fais bien attention à toi nous avons ton adresse et ta photo (merci la Provence). Nous frapperons quand et où nous le voudrons. Prends garde à ta peau. Renaissance française. » Au procès, Jérémy Recagno joue la repentance, les égarements de jeunesse. La suite montrera qu’il n’en est rien. Le 9 décembre, il est condamné à deux ans de prison.

Pendant ce temps-là, Guillaume Pradoura a pris ses distances avec le microcosme marseillais. Il monte à Paris pour poursuivre ses études à l’école du Louvre afin de devenir conservateur de musée. Mais il ne rompt pas avec l’extrême droite la plus radicale.

Il participe à la manifestation organisée par les identitaires de la capitale, mouvement nommé « Une autre jeunesse », en octobre 2010. Il se lie avec les gros bras du Groupe union défense (GUD), syndicat étudiant d’extrême droite aux méthodes musclées, le Mouvement d’action sociale (MAS, néofasciste), des groupes de « rock identitaire ».

Il développe aussi des contacts dans les pays de l’Est, en Ukraine et en Russie, dont il maîtrise parfaitement la langue.

Parallèlement, il monte en grade au FN, jusqu’à devenir en 2014 l’assistant parlementaire de l’eurodéputé Nicolas Bay, secrétaire général et numéro 3 du FN. 

Mais celui qui se qualifie d’homme d’honneur ne lâche pas son ami Jérémy Recagno. En mai 2010, le skin violent ne revient pas d’une permission de sortie. Il fuit à l’étranger, d’abord en Thaïlande, au Canada puis aux États-Unis, dans une ville non identifiée de l’Arkansas, où il a rejoint des camarades du Ku Klux Klan.

Blood and Honour, organisation ouvertement néonazie

Mediapart a retrouvé la trace d’une première correspondance entre Guillaume Pradoura et Jérémy Recagno à ce moment-là, le 26 juillet 2010 très précisément. Extraits :

— Ave ! J'ai appris (…) que tu avais dû t'exiler chez les Ricains. J'espère que tout se passe bien pour toi là-bas. D'après ce que j'ai compris, tu as trouvé de l'aide (solidarité !) auprès du Klan. Mais tu comptes rester longtemps là-bas ? (…) Guillaume

— Merci mec… je vais rester 5 ans (…) le temps de la prescription…

— Bon courage en tout cas (bien que tu n'en manques pas apparemment ;)) !

— daccord.. et bien je suis en arkansas dans une petite ville tenu plus ou moins par le KKK il ni a ke des blanc c super. mai vie est totalement pariah... tu as vue mesrine... en plus soft.. je suuis dans un jeux video sauf ke je jou avec ma propre vie.. jai traverser tt leurope eviter les aeroport de lespace shengen ect...

Pradoura, loin de désavouer les liens de Jérémy Recagno avec le très raciste Ku Klux Klan, lui clame son admiration :

— Le KKK ? On m'avait dit que ça n'existait (quasiment) plus mais bon tant mieux si tu as pu trouver là un réseau de solidarité, tant mieux ! Ça t'aura fait une sacrée expérience en tout cas ! J'avoue que je suis assez fasciné par ton parcours du combattant (traqué) et j'ai hâte que tu puisses m'en dire plus ! Bon, à la base t'aurais sans doute pu éviter de "déconner" en France (t'as planté un mec si j'ai bien compris) mais ça fait plaisir de voir que tu as su te débrouiller pour t'en sortir la tête haute, par toi-même ! (…) A+ camarade

— Je nai planter personne jai juste tarter un red un peux trop fort... durant ma conditionnel, alors pour ne pas retourner en prison jai preferer prendre la fuite jai traverser leurope la thailand et la tt vas bien, le kkk est balaise ils son de plus en plus nombreux avec larriver de obama...

Après ses pérégrinations outre-Atlantique, pour une raison inexpliquée, Jérémy Recagno rentre en Europe. En Bulgarie plus précisément. Là, Guillaume Pradoura va clairement l’aider à trouver des points de chute. Le 4 octobre 2010, nous retrouvons la trace d’une nouvelle correspondance. Extraits :

— Salut Jérémy ! Désolé de n'avoir pas pu me bouger plus tôt mais j'étais vraiment débordé mais je te donne sans faute demain quelques contacts. Bonne soirée ! Guillaume

— je te remerci mec....

— Voici donc enfin quelques conseils et contacts que Borislav Prangov (…) m'a donnés pour toi. (…) Borislav a commencé par me dire que la Bulgarie n'était sans doute pas le meilleur endroit pour te cacher, notamment parce qu'elle fait partie de l'UE. Si tu te fais choper par la police, celle-ci risquerait justement te renvoyer directement en France... Il a ajouté à ce propos qu'il fallait que tu te méfies des Français qui sont là-bas (surtout bien sûr ceux de l'Alliance Française). (…)

 

Borislav Prangov, auquel Pradoura a demandé des contacts, est un artiste peintre bulgare d’extrême droite.

Arrivé en France en 2001, il s’installe dans l’Ariège en 2008. Sa spécialité ? Des portraits de figures historiques de l’extrême droite, tels Louis-Ferdinand Céline, Julius Evola, philosophe inspirateur du fascisme italien, ou encore Corneliu Codreanu, fondateur de la Garde de fer, un mouvement bulgare fasciste des années 1920 et 30. La suite des échanges entre Pradoura et Jérémy Recagno montre en tout cas que l’individu a d’excellentes entrées dans l’extrême droite bulgare, y compris sa frange

néonazie.

Borislav  .jpg

Borislav Prangov. Source  isere-antifascisme

 

Pour ce qui est des contacts, il m'en a donné 3/4 même s'il pense que tu as peut-être déjà rencontré au moins l'un d'entre eux. 

1) le local du parti BNS ("Union Nationale Bulgare" en gros), paraît-il comparable à la Casapoud : boulevard Christo Botev n° 115. Il m'a dit à ce propos de prendre tes distances (si ce n'est pas déjà fait) avec Ataka, parti qui fut intéressant mais ne l'est plus... notamment à cause de son sionisme patenté ! (…)

Ataka est le principal parti d’extrême droite bulgare. Créé en avril 2005, il a réalisé une percée aux législatives de la même année avec 8,16 % des voix. En 2006, son leader Volen Siderov accède, avec 21,5 % des voix, au second tour de l’élection présidentielle, où il est battu avec 75 % des suffrages contre lui.

Curieusement, Pradoura reproche au parti son « sionisme patenté », alors que cette formation a démontré un antisémitisme nauséabond : en 2005, le parti a publié une liste de 1 500 juifs bulgares (intellectuels, artistes, hommes politiques, journalistes) assortie d’injures antisémites.

S’ensuit une liste de militants d’extrême droite à contacter, dont :

2) Boyan Rasate qui, si j'ai bien compris, s'est retiré de la politique mais garde une forte influence et notamment au sein du BNS. Tu peux dire que tu as eu ces coordonnées par Borislav (…)

3) Anton Rachev que Borislav connaît encore mieux. Lui n'est pas à Sofia mais à Roussé. Cela dit, il peut t'aider aussi car il connaît pas mal de monde à Sofia ! (…)

4) Dimiter Nikolov qui est un ami proche de Rachev mais que Borislav ne connaît pas directement. C'est le vice-président du Blood & Honor de Bulgarie et a une forte influence sur les skins.

 

À noter que Guillaume Pradoura conseille à son ami de contacter le numéro deux de Blood and Honour, une organisation ouvertement néonazie. Blood and Honour, créée en 1987, s’est constituée autour d’un réseau de musique skin, reprenant la devise des jeunesses hitlériennes, « Blut und Ehre » (« Sang et honneur »).

Pour une raison qui demeure inconnue, Jérémy Recagno rentre en France courant 2011. En juillet, il est interpellé dans un café de Roquefort-la-Bédoule, le village des Bouches-du-Rhône où il a grandi. Nous avons cherché à le contacter, mais son avocat nous a fait savoir qu’il était injoignable. Et pour cause : il est retourné depuis quelques semaines en détention, pour une raison que son défenseur n’a pas voulu préciser.

Sollicité par Mediapart, Guillaume Pradoura reconnaît la réalité de cette correspondance et son amitié avec un skinhead en cavale. « J'ai dû le rencontrer en 2006 alors qu'il avait 15-16 ans. En perte de repères, il avait tendance à vouloir abuser de sa maîtrise précoce des arts martiaux. J'ai tout fait pour l'en dissuader et le raisonner. Je l'ai progressivement perdu de vue quand j'ai quitté Marseille en 2007 et n'ai su qu'il avait été condamné à de la prison ferme que lorsque l'on m'a appris qu'il était en cavale. »

Pradoura affirme avoir simplement « voulu l’aider, dans une sorte de réflexe paternaliste ». « Quand il m'a appelé au secours, j'ai cherché des gens susceptibles de prendre soin de lui et lui ai donc transmis des contacts que l'on m'avait donnés pour lui, mais que je ne connaissais pas moi-même. Depuis, il a purgé sa peine ; on m'a dit qu'il avait trouvé du travail, une fiancée, et s'était assagi : je n'ai plus de contact avec lui », assure le colistier de Marion Maréchal-Le Pen.

Contactés et relancés à plusieurs reprises, Marion Maréchal-Le Pen et Nicolas Bay n’ont pas répondu à nos questions concernant leur colistier et assistant parlementaire.

 

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04/03/2019

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