Vigilance Isère Antifasciste

Vigilance Isère Antifasciste

Le Pen à la peine pour ses signatures ? normal, pour un parti néo-fasciste

 

Par Caroline Fourest, 3 février 2012 :

Le chantage démocratique de Marine Le Pen

A chaque élection, le Front national se plaint d'avoir du mal à trouver 500 parrains et crie au déni de démocratie. Pourtant, la France n'est pas seulement une démocratie mais une République, attachée aux valeurs d'égalité et de fraternité. Il est donc logique, et même rassurant, qu'un parti fragilisant ces valeurs ait du mal à trouver des parrains.

La démocratie n'est pas non plus une auberge espagnole, où l'on peut se présenter au suffrage universel, et prétendre bénéficier de subventions publiques, sans respecter quelques règles. En l'occurrence convaincre 500 élus sur environ 47 000 (maires, parlementaires, conseillers généraux ou régionaux...) que votre candidature présente un intérêt. La barre n'est pas si haute. L'étrange Jacques Cheminade parvient à la sauter, grâce à une armée de bénévoles qui labourent le terrain. On ne peut pas en dire autant du Front national, plus crédible et plus haut dans les sondages, mais qui peine à quadriller. En tout cas cette année. Carl Lang a longtemps fait ce travail pour le FN, mais démarche aujourd'hui les communes pour son propre compte : celui du Parti de la France. A sa grande surprise, de très nombreux maires ayant accordé leur parrainage à Jean-Marie Le Pen en 2007 n'ont pas été approchés par les militants de Marine Le Pen : "Quand nos amis sont allés les voir à Noël, ils n'avaient vu personne du FN." Un constat valable pour plusieurs départements. Comment l'expliquer, sachant que la candidate frontiste dit s'inquiéter pour ses parrainages ?

La première raison est technique : le FN a perdu la plupart des cadres ayant ce savoir-faire, notamment au profit du Parti de la France. L'autre est stratégique. Marine Le Pen croit moins au quadrillage qu'au fait d'arracher, au dernier moment, une consigne de la part des grands partis. Sa non-candidature pouvant susciter un retour de bâton, dans l'opinion puis dans les urnes aux législatives. Il peut être très sévère. Surtout si le gouvernement envisage une dose de proportionnelle dès 2012 pour émietter la prochaine majorité...

 

Jeu de dupes

Le pari est risqué mais crédible. En 2007, à en croire d'anciens militants frontistes, c'est Nicolas Sarkozy qui aurait donné le coup de pouce nécessaire. Pour ne pas prendre le risque de froisser des électeurs, dont il avait besoin au second tour. Cette année encore, Marine Le Pen se dit qu'il suffit d'apparaître comme martyr pour obtenir ses signatures sur un plateau. Gilbert Collard en fait même un peu trop. Lors d'une manifestation organisée face au Sénat, il est allé jusqu'à dénoncer des "pressions" dignes de la "mafia", censées dissuader les maires de parrainer Marine Le Pen. Quelle mascarade et quel jeu de dupes.

Si pressions il y a, ce sera pour donner les signatures à Marine Le Pen, et non l'inverse. Si le FN est candidat pour tonner contre l'"UMPS" à cette élection, ce sera grâce à l'UMP et au PS. Non pas parce qu'il aura convaincu des élus de l'intérêt de sa candidature, mais par chantage indirect. Le FN souhaite en prime que ces parrainages - et donc tous les arrangements possibles - soient anonymes et ne puissent être observés par les Français. A y regarder de près, ce n'est pas la démocratie, mais du chantage.

 

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Et aussi, sur le NouvelObs.com :Parrainages FN : si Le Pen ne les a pas, c'est qu'elle n'a pas vocation à gouverner

Non, je ne donnerais pas ma signature d’élu à Marine Le Pen - si j’en avais une. Et je trouve un peu facile de voir nombre de commentateurs et de journalistes déplorer cette situation, d’autant que j’ai la conviction que si la situation était inverse, les élus FN ne me donneraient pas leur signature si je la leur demandais. La situation de la Hongrie ne nous montre que trop ce que peut faire un parti lorsqu'il glisse vers l’extrême-droite.  .......................

Il est temps de relancer la lutte anti extrême-droite dans une France et une Europe où ce courant d’idées se banalise. Et, pour cela, il faut le mettre à l’écart et oser des propositions et des perspectives novatrices.



05/02/2012

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