Vigilance Isère Antifasciste

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Le Tournant anti-capitaliste du Front National. Retour sur un renouveau idéologique des années 1990 (par Sylvain Crépon)

Un long article, à lire en entier sur Fragments sur les temps présents

Le Tournant anti-capitaliste du Front National. Retour sur un renouveau idéologique des années 1990

Dans le courant des années quatre-vingt-dix, le Front national entame un renouveau de son discours qui tranche avec la ligne idéologique qui était la sienne depuis sa création en 1972. Affichant un souci pour les questions sociales, fustigeant les excès du libéralisme économique et se montrant de plus en plus critique vis-à-vis de la politique extérieure des états-Unis, il semble se détourner du soutien inconditionnel à la libre entreprise, au cantonnement de l’état à ses seules fonctions régaliennes et à la défense de l’alliance Atlantique qui le caractérisait jusqu’alors.Et ce dans un contexte politique qui voit son électorat s’accroître chez les populations défavorisées, devenant notamment le premier parti chez les ouvriers. Ce renouveau idéologique l’amène à condamner l’utilitarisme de la société de consommation dont l’égoïsme matérialiste constituerait l’une des principales causes de la « décadence » en détournant les individus de toute solidarité traditionnelle (fraternelle, familiale, ethnique) au bénéfice de solidarités « abstraites », les classes sociales ou les appartenances politiques. C’est ainsi que le Fn critique de plus en plus fermement la dérégulation internationale des marchés, où le brassage des hommes et des biens dont elle est le vecteur, tout en menaçant l’économie du pays, affaiblirait l’homogénéité du corps national.

Curieux revirement pour un parti dont le président prétendait incarner jusqu’à la fin des années quatre-vingt la vraie droite, notamment dans le domaine économique, en se déclarant un partisan inconditionnel du « laisserfaire », et pour qui la droite « classique » avait renié depuis longtemps ses propres valeurs. Ce n’est donc pas par hasard que se développe durant la même période la fameuse thématique du « ni droite ni gauche… Français ». Lancée par le Front national de la jeunesse en 1994 – où elle rencontre rapidement un large succès –, elle est reprise par plusieurs dirigeants frontistes de premier plan dès la seconde moitié de la décennie [1] ; et cela, bien qu’elle ait pu provoquer (et provoque encore) des remous internes et demeure l’enjeu de stratégies électoralistes. Ce repositionnement sur l’échiquier politique est néanmoins conforme à l’obsession identitaire du parti d’extrême droite : en provoquant un affrontement entre des catégories jugées artificielles, ces clivages menaceraient la cohésion de la nation.

Autant d’arguments – critique de l’individualisme anonyme de la société marchande et de la fragmentation de la nation en intérêts opposés – qui montrent que l’extrême droite contemporaine renoue avec les fondements de sa doctrine des années trente

 

........................ la suite sur Fragments sur les temps présents....................



21/01/2012

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