Vigilance Isère Antifasciste

Vigilance Isère Antifasciste

Lyon, Gilets jaunes : la vérité sur les affrontements entre fascistes et antifascistes / antiracistes lors de la manif du 9 février, et les leçons à en tirer (avec Alternative Libertaire et Rue89-Lyon)

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Il s’agit de rétablir les faits. Contrairement à l’essentiel des journalistes qui ont rapporté un récit tronqué, les militant.e.s d’Alternative LibertaireLétaient présent.e.s dans la manifestation, ont dû se défendre, et peuvent raconter ce qui s’est réellement passé.

Fortement mobilisés à Lyon en raison d’un concert de metal néonazi qui se tenait le soir même, des dizaines de fascistes ont attaqué le cortège antiraciste par derrière alors qu’ils n’étaient même pas présents dans la manifestation. Plusieurs étaient armés de barres de fer et de projectiles.

Nous insistons sur ce point : ce sont les fascistes qui ont agressé le cortège, et certainement pas l’inverse.

Dans une telle situation, les antiracistes ont dû faire volte-face et faire bloc pour se défendre. L’ensemble des présent.e.s a fait preuve d’une bravoure et d’un sang-froid admirable.

Après plusieurs minutes d’affrontements, le cortège antiraciste est parvenu à repousser les fascistes et à leur faire quitter une manifestation à laquelle ils n’étaient venus que pour en découdre et certainement pas pour soutenir la colère populaire. Ils ont été aidés dans leur fuite par la police qui leur préparait le terrain à coups de grenades et qui se rapprochait dangereusement du cortège.

Nous sommes donc bien loin des rixes entre les "deux extrêmes" que la plupart des médias se complaisent à raconter.

Nous nous sommes défendu.e.s contre une agression fasciste, et nous en sommes fier.e.s. ....." 

Extrait du communiqué Alternative Libertaire, en entier ici

 

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  Les extrême-droites en embuscade : un péril mortel, il faut les isoler, les expulser !

 

   Parmi les Gilets jaunes, beaucoup de personnes, très sincères mais assez naïves, pas très expérimentées ni bien informées, insistent pour que leur mouvement reste apolitique, "non partisan". Pour eux, tout le monde doit pouvoir prendre place parmi les gilets jaunes, extrême-droite comprise, tant qu'ils défendent les  revendications... 

Le problème, c'est qu'en réalité , cette extrême droite est bien loin de défendre les revendications sociales, et au mieux, elle fait mine de les soutenir, pour les détourner.

D'ailleurs,  quand on se  bat contre les ravages du néo-libéralisme et de  la précarité,  contre la dégradation des services publics, contre la répression policière , pour les salaires, pour une réelle démocratie, c'est bien un engagement politique. Des objectifs qui sont d'ailleurs plutôt marqués comme de "gauche"...

Surtout, on constate que les diverses extrêmes-droites manoeuvrent pour essayer de détourner cette colère sociale en ressentiment contre l'immigration, que ce soit les gens installés en France depuis plusieurs générations ou les exilé(e)s  d'arrivée plus récente. Une immigration qu'ils présentent toujours et très faussement , et souvent à coups d'intox, de montages, de fake-news, comme une "invasion incontrôlée", comme des privilégiés et fraudeurs  vivant au crochet des "vrais français".

Par contre cette extrême droite reste bien silencieuse sur les milliards et milliards de fraude fiscale, ou se tait sur la revendication d'une vraie revalorisation du SMIC , etc ...

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Bref, en désignant à la vindicte des pauvres d'autres pauvres, ils font tout à fait la politique des capitalistes et du néolibéralisme  qui sévit durement depuis une trentaine ou quarantaine d'années. 
Au  lieu de favoriser l'unité sociale,  ces extrêmes-droites sont en réalité un grave péril et poison diviseur !
De plus, en s'imposant parfois en tête de manifs, avec des banderoles au message volontairement ambigus  ou carrément anti-migrants, ou encore  aux tonalités antisémites  (*), ou comme à Paris quand des miliciens fascistes parviennent à se présenter comme "service d'ordre des gilets jaunes",  ils ne font que donner plus d'échos aux communicants  gouvernementaux et macronistes, qui veulent qu'on réduise ce mouvement gilets jaunes à "la peste brune", à "une foule haineuse".
D'autres infos sur ces manoeuvres  d'infiltration des groupes d'extrêmes-droites : voir les articles "gilets jaunes"  sur isere-antifascisme, ainsi que sur La Horde ...
(*) Se méfier par ex des pancartes ou banderoles s'en prenant à la banque Rothschild : certes Macron a été employé par cette banque, elle joue cependant un rôle mineur dans la main-mise financière et néolibérale. Car  bien plus néfastes sont des capitalistes apparemment "vrais français",  comme Arnaud, Lagardère, Bolloré, la famille Mulliez (qui détient Auchan), Lafarge , Total,  etc,  ... , sans parler des fonds de pension internationaux et spéculatifs  qui sont seulement intéressés  par lar redistribution de dividendes aux actionnaires les plus élevés possibles, sans  se soucier aucunement des salariés ou de l'écologie... En focalisant sur  la banque Rothschild, notre extrême-droite ne fait que réactiver un très traditionnel thème de la propagande fasciste et antisémite. Ce n'est d'ailleurs  pas un hasard si on voit ces jours-ci une floraison de tags antisémites et nazis (croix gammées ou croix celtiques  sur des portraits de Simone Veil ou sur des locaux du PCF (à Vienne, en Isère), tags "JUDEN" sur des magasins...

 

   A Vienne, au matin du 10 février 2019, ou à Paris, dans la rue ou dans le RER C, aux  mêmes dates:

 

Le portrait de Simone Veil sur une boîte aux lettres recouvert de graffitis antisémites, le 11 février 2019 à Paris.

 

M'bappé nègre enjuivé.jpg

  

 

Pire peut-être : ces mouvements d'extrême-droite, qui ont une longue expérience militante, qui sont bien organisés, qui savent comment embrouiller les esprits et distiller progressivement leur propagande empoisonnée, obtiennent auprès de nombre de  "Gilets jaunes", (des Gilets jaunes qui eux ont beaucoup moins l'expérience de l'action collective ou syndicale),  une certaine l'influence et  un très dangereux regain de visibilité. 

D'ailleurs, l'organisation des Gilets jaunes, surtout à travers Facebook et autres réseaux sociaux facilite  les manipulations , intox et détournements opérés par les groupes d'extrême-droites. 

On voit d'ailleurs sur facebook qu'ils déploient aussi la technique du "hameçonnage" : par ex, des gens sous leur influence, ou militants ED déguisés, publient au sujet des violences policières  et d'autres s'en  se méfier et de bonne foi, partagent ensuite leur info...  mais quand on jette un oeil sur la page à l'orgine de l'info,de la photo ou de la vidéo, on y voit vite , et en abondance,  les pires intox racistes  et anti-migrants, et des liens pour des pages facebook ou sites au fascisme tout à fait déclaré.

 

Cependant, on voit que dans certaines villes, et de plus en plus, les Gilets jaunes, en parallèle de leurs échanges sur Facebook,  s'organisent en Assemblées Générales, comme à Lyon, Grenoble, Commercy, ...  : là, les manoeuvres d'intox et de détournements venues ou influencés par l'extrême-droite sont bien mieux et plus facilement contrecarrés. Voir  par ex  cet "Appel de Commercy", qui tout en rappelant les revendications sociales,  refuse et dénonce très clairement les dérives racistes  et la désignation des "immigrés"  comme responsables de la misère.

 

   Même procédé de hameçonnage de la part de sites d'infos qui ont de gros moyens : notamment "RT" (Russia Today") ou "Sputnik".

Ces sites lancés par le clan Poutine et l'extrême-droite russe  ont pour tactique de couvrir en abondance les mouvement sociaux en France, avec beaucoup de reportages vidéos au cours des manifs. Ils  ont d'ailleurs les moyens de rémunérer de pseudo-journalistes, tels Vincent Lapierre ou Jonathan Moadab, pseudo-journalistes et vidéastes, mais vrais militants d'extrême-droite. D'ailleurs, ceux-ci, lors de leurs interviews lors des manifs, donnent surtout la  parole à d'autres militants d'extrême-droite, qui bien sûr ne sont jamais présentés comme tels, mais comme des "gilets jaunes apolitiques et lambda".

   Autre danger des sites comme  RT et Sputnik : à côté de leur abondante couverture des mouvements sociaux, une couverture ensuite partagée par beaucoup de gens de bonne foi, mais naïfs ou imprudents, RT et Sputnik publient nombre d'articles anti-migrants, anti-droits de l'homme, anti-droits des femmes, anti-homos,  beaucoup  d'infos  et intox  complotistes, sur notamment un "complot  de la ploutocratie  juive et mondialiste". Ainsi que évidemment des articles en faveur du FN/ RN et d'autres mouvances  de l'extrême-droite. On y trouve aussi beaucoup de publications de propagande pour soutenir le milliardaire raciste Trump, le néofasciste italien et ministre de l'Intérieur Matteo Salvini ou le président hongrois Viktor Orban.

   Bien sûr, eux aussi ne s'en prennent jamais aux racines de la misère sociale, le néolibéralisme débridé et capitalisme ( d'ailleurs, ils  n'ont strictement rien à reprocher à la politique de Poutine, qui dans  son propre pays, propage une grande misère sociale et écologique, favorisant sans vergogne un capitalisme très sauvage et ravageur aux mains de ses amis oligarques  aux méthodes mafieuses).

 

   Une recommandation qui certes ne peut résoudre que partiellement ce pourrissement entretenu par les extrêmes-droites, mais que nous renouvelons encore une fois, et que nous adressons à toutes les  nombreuses personnes révoltées et de bonne foi :
- soyez très prudents  sur les partages de publications sur les réseaux sociaux, vérifiez  si leurs auteurs initiaux ne cherchent pas à "hameçonner" vers la propagande fascisante !
- bannissez de vos pages facebook, de vos emails, etc,  des sites aux gros moyens, habiles mais dangereux car très puants,  comme RT ou Sputnik... !
- la plupart du temps, vous  trouverez ces mêmes infos concernant  les mouvements sociaux, les  violences policières,...,  sur des "médias normaux" : du Parisien à Libé en passant par L'Obs, la presse régionale, etc. Certes, il s'agit de la presse "main-stream",  avec cette tendance à couvrir le "spectaculaire" sans trop enquêter sur  des réalités sociales en profondeur, répandant aussi pas mal de stéréotypes. Certes, leurs infos demandent souvent à être recadrées, précisées, relativisées.  Mais au moins, ces médias-là, souvent très critiquables ou maladroits par ailleurs,  n'ont pas comme objectifs essentiels de faciliter le travail de "hameçonnage" en faveur de l'extrême-droite ...

 

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Début de l'article bien informé et assez équilibré de Rue89/Lyon. A lire en intégral  sur leur site ....

« Gilets jaunes » à Lyon : des attaques de l’extrême droite chaque samedi, jusqu’où ?

 

Depuis un mois, les manifs du samedi des « gilets jaunes » sont le théâtre d’affrontements entre manifestants. A l’origine, des militants de l’extrême droite radicale qui attaquent les « gilets jaunes » repérés comme de gauche ou antifas.
 

Ce samedi 9 février, vers 14h, la manifestation de plusieurs milliers de « gilets jaunes » part sans heurt de la place Bellecour, direction les quais du Rhône. En son sein un cortège d’environ 300 personnes défilant derrière une banderole « Fâché.e.s mais pas facho ».

A 14h30, nous croisons un groupe d’une quarantaine de jeunes, vêtus de sombre et aux gilets jaunes impeccables, qui courent pour remonter le cortège en direction de la tête.
Sur le pont Lafayette, un homme enfile un manteau noir et des gants coqués. Un autre avec le slogan « force et honneur » inscrit sur son gilet accélère en direction de l’entrée du cours Lafayette, où les manifestants sont ralentis par le rétrécissement de la chaussée.

 

La vidéo ci-dessous montre une partie de l’affrontement. Avec, à gauche, les militants d’extrême droite, et à droite, les militants d’extrême gauche.

 

 

Coups de poing, de pied et de parapluies

Soudainement les premiers projectiles partent. Canettes de bière, cailloux et détritus divers, lancés de l’arrière vers l’avant, tombent au hasard sur la foule compacte.
Les personnes touchées dans le dos se retournent et font face à leurs assaillants qui se lancent dans un corps-à-corps. Des personnes, isolées, sont frappées. Coups-de-poing, de pieds et de parapluies.

Ce sont des antifas ou considérés comme tels, pris à revers, qui sont visés par des militants d’extrême droite, notamment ceux du GUD devenu Bastion social.

Les coups pleuvent. À coups de ceinturons, de parapluies ou de bombes au plâtre d’un côté; de bâtons et de fumigènes de l’autre. Au départ quelques personnes tentent de s’interposer : « Arrêtez ! Ça ne sert à rien ! » Peine perdue.

Beaucoup ne comprennent pas ce qu’il se passe et se massent à l’entrée de la rue. Une dizaine d’explosions retentissent. Effrayés, les gens sont coincés le long des devantures ou courent paniqués pour sortir de la rue. Une accalmie, durant laquelle les deux groupes se font face, permet à certains de s’extraire. Les street medics (les soigneurs volontaires), prennent en charge un blessé comme ils peuvent sous un porche.

L’affrontement reprend en bataille rangée. Le groupe des agresseurs recule, violemment mis en déroute au cri de « Lyon, Lyon antifa » et par quelques lacrymogènes tirées par les forces de l’ordre.

Les événements ici ont duré cinq minutes.

La vidéo ci-dessous montre une partie de l’affrontement. Avec, à gauche, les militants d’extrême droite, et à droite, les militants d’extrême gauche.

Une présence originelle de l’extrême droite parmi les « gilets jaunes » lyonnais

Ce samedi 9 février, c’est la première fois qu’un cortège « antiraciste » a été constitué, à la suite d’un appel de militants antifascistes pour « manifester sans craindre de se faire attaquer dans le dos par ces groupuscules fascistes, afin de leur montrer que leurs idées n’ont pas leur place dans les cortèges gilets jaunes » :

« Nous estimons depuis le début du mouvement qu’une présence antifasciste est nécessaire mais ne voulant volontairement pas nous organiser en tant qu’identité politique à l’intérieur des cortèges nous n’avons pu que constater notre manque d’organisation afin de lutter contre la présence de groupes fascistes ».

Outre le message politique « faché.e.s mais pas fachos », la banderole servait de point de ralliement. Pour ces militants de gauche et d’extrême gauche qui participent depuis début décembre au mouvement, c’était une nécessité « physique » de s’organiser.



13/02/2019

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