Manif néo-fasciste du 14 janvier 2012 à Lyon : analyses dans Rue89 et ailleurs - Vigilances Isère Antifascisme -

Vigilance Isère Antifasciste

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Manif néo-fasciste du 14 janvier 2012 à Lyon : analyses dans Rue89 et ailleurs

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-  Rebellyon, 14 janvier 2012 : Les rues de Lyon n’appartiennent pas aux fascistes : 1500 personnes pour le rappeler

 

- Le billet de Romain Blachier (PS, Adjoint à l'économie à la  Mairie de Lyon) .  La dépêche AFP, reprise dans de nombreux journaux, titrait "Lyon, manifs des extrêmes"...     Comment je suis devenu un extrémiste grâce à Lyon-Mag

 

- Discussions entre fascistes et racistes français, révélées par Anonymous

 

-  Stéphane François, sur Fragments du temps présent, 25/01/12 : Traboules et néofascisme

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Rue89-Lyon, par Laurent Burlet, 15 janvier 2012 :

Exclus du FN, les « néofascistes » manifestent à Lyon

Les crânes rasés étaient nombreux, ce samedi à Lyon. À l’appel des Jeunesses nationalistes, un nouveau groupuscule formé par des exclus du Front National, en octobre 2011. Ce mouvement a pu compter, pour faire le nombre, sur l’appui de Suisses et, surtout, d’autres groupes de la « droite de l’extrême droite », très actifs depuis deux ans à Lyon.

 


Crédit Photos : Mickaël Draï

 

Une fois de plus, l’extrême droite a partagé le pavé lyonnais avec les acteurs d’une contre manifestation, organisée par des « antifascistes ». D’un côté, ils étaient 280, de l’autre 1100 (selon la police). Les deux cortèges se trouvaient séparés par un imposant déploiement de forces de l’ordre et par la Saône dont les ponts avaient été bloqués. Ils ne se sont jamais croisés.

 

Cette fois-ci, ce ne sont pas les Identitaires qui appelaient à manifester. Mais le dernier né de la famille nationaliste, simplement nommé, « les Jeunesses nationalistes ». Un mouvement fondé en octobre dernier par Alexandre Gabriac, 21 ans, le plus jeune conseiller régional, exclu du Front National pour avoir été vu en photo faisant un salut nazi.
Le groupuscule en est à sa deuxième action revendiquée. Pour la première, en plein cœur du centre-ville de Lyon, rue de la République, une quinzaine de militants avait brûlé des affiches des magasins Eram, montrant une famille homoparentale, pour dénoncer l’« hétérophobie ».

 

Le thème choisi était affiché sur une large banderole de tête : « Afghanistan, honneur à ceux sont tombés – honte à ceux qui les ont fait tuer ».
Le décorum avait été soigné. Tendance marche militaire funèbre. Derrière la banderole, 78 jeunes, principalement des hommes, tous de noir vêtus, avec des tee-shirts frappés de l’aigle doré des jeunesses nationalistes, portaient autant de croix blanches symbolisant chacune un soldat français mort.

 

 

En tête de la manifestation, devant les drapeaux à croix celtique, se trouvaient deux autres dirigeants exclus du FN : l’élu de Vénissieux Yvan Benedetti et le conseiller régional Olivier Wyssa.

Partie de la place Carnot vers 15h30, la marche qu’Alexandre Gabriac voulait « solennelle » a rapidement laissé la place aux traditionnels slogans de l’extrême droite : « bleu, blanc, rouge, la France aux Français » ou bien « ni droite, ni gauche : nationalisme ». Les rangs façon militaire n’étaient plus tenus et des insultes racistes ou les « sales gauchistes » ont fusé du cortège.

 

Arrivé devant le métro du Vieux Lyon, le traditionnel « Saint-Jean est à nous » était repris. Depuis deux ans, Ces groupuscules ont en effet investi le Vieux Lyon, s’y sentant à la maison et le faisant savoir par des tags, des collages d’autocollants et, parfois, des agressions.

 

 

« Intérêts israélo-américains » et… Pétain

 

Les prises de parole se voulaient également solennelles. Devant la cathédrale Saint-Jean, les croix ont été mises en rang et Alexandre Gabriac a procédé à un « appel aux morts » par noms de régiment.

 

 

Pour les discours, les vieilles rengaines de l’extrême droite ultranationaliste ont été ressorties. Antoine Gandillon de l’hebdomadaire Rivarol, Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac ont, tous les trois, fustigé l’envoi de soldats en Afghanistan au nom d’ »intérêts israélo-américains ». Yvan Benedetti :

 

« Les soldats sont morts pour des intérêts contraires aux nôtres, des intérêts mondialistes, qui ne sont pas ceux de la France. (…) La communauté internationale n’est que le faux-nez des intérêts israélo-américains (…). Or Israël, cet Etat, cette vérue, n’a plus aucune légitimité et donc doit disparaître ».

 

En guise de conclusion, et avant que les manifestants ne se dispersent, Alexandre Gabriac a tenu à citer le maréchal Pétain « l’un des plus grands militaires que nous ayons connu en France », estime-t-il, en lançant un énigmatique : « courage on les aura ! ».

 


Alexandre Gabriac et un membre du service d’ordre.

 

Pour Alexandre Gabriac et ses amis, les valeurs « travail, famille, patrie » et la figure du maréchal Pétain sont sacrées. Son mouvement a en effet été lancé au Forum de la nation d’un autre groupe, l’Œuvre française, organisé à Lyon le 15 octobre dernier par Yvan Benedetti. Lors de cette réunion, un hommage a été rendu au maréchal pour les soixante ans de sa mort.

 

 

Un mouvement « néofasciste »

 

L’aigle et le faisceau comme symbole, le rejet de la démocratie ou l’adoration de l’armée… Pour Stéphane François, politologue spécialiste des droites radicales, au Laboratoire Cultures et Sociétés en Europe (LCSE), de l’Université Marc Bloch de Strasbourg, ce groupuscule relève du “mouvement néofasciste” :

 

« Ils font preuve d’un nationaliste exacerbé, antidémocratique et viril, le tout accompagné d’une foi chrétienne et d’une xénophobie typique de ces milieux. Ils se sentent proches de groupuscules néofascistes comme la « CasaPound » en Italie et la Phalange espagnole (avec qui ils entretiennent des “liens officiels”, ndlr). Ce nationalisme est assorti d’un anti-américanisme virulent. Nous retrouvons dans leur discours, la position typique de ces mouvements néofascistes : ni droite, ni gauche, anticapitalisme, éloge d’une économie organique, et l’idée d’un nationalisme européen. Leur emblème est à ce niveau explicite : il s’agit de l’aigle fasciste dont les serres tiennent un faisceau».

 

 

Compter sur les copains

 

 

Pour le moment, les Jeunesses nationalistes restent groupusculaires. Même si Alexandre Gabriac a réussi à rassembler 280 personnes, il le doit à des Suisses qui ont fait le voyage de Genève et, surtout, aux autres mouvances de la « droite de l’extrême droite » lyonnaise, très active depuis deux ans, dont des militants avaient fait le déplacement.

 

  • Le Groupe Union Défense (GUD) qui a été recréé à Lyon en septembre par un proche de Gabriac, Steven Bissuel. Le GUD a fait parler de lui lors de la rentrée de Bruno Gollnisch (cadre historique du FN) à Lyon-III. Mais aussi lors d’une manifestation devant les bureaux de France 3 fin décembre, au cri de « Christianophobie, ça suffit », suite à la diffusion d’un documentaire sur le Christ. Une personne se revendiquant du GUD a également été interpellée pour des tags néo-nazis, dans une commune du Nord du département du Rhône.

 

 

  • Les Identitaires qui sont les plus nombreux, les plus actifs et les plus implantés grâce à leur local du Vieux Lyon. Le 14 mai dernier, ils organisaient un rassemblement place Saint-Jean en remplacement de la Marche des cochons. Une manifestation sauvage s’en est suivie : slogans islamophobes, saluts nazis et saccage de deux restaurants kebabs. Dernièrement, ils ont perturbé un concert de RESF.

 

Satisfait par sa capacité à mobiliser, Alexandre Gabriac a annoncé d’autres manifestations à venir : « nous avons montré que la jeunesse nationaliste unie tenait la rue et n’était pas prête de la déserter ».

 

 

Demande d’interdiction et hacking

 

En face, chez les militants antiracistes et antifascistes, on se demande comment contrer cet actvisme des groupuscules de la droite du FN.
Le Collectif 69 de Vigilance contre l’Extrême-Droite, qui regroupe une trentaine d’organisations de gauche*, a contre-manifesté. 1100 personnes ont marché de la Guillotière à Bellecour, dont plusieurs élus comme Philippe Meirieu (candidat d’Europe-Ecologie Les Verts), Nathalie Perrin-Gilbert, la maire socialiste du 1er arrondissement ou le premier adjoint au maire de Lyon, Jean-Louis Touraine (PS). Ils demandent la dissolution de ce groupuscule dont l’idéologie, disent-ils, « se rapproche de celle des régimes nazis et fascistes du siècle dernier », en se rendant bien compte que sans actes répréhensibles juridiquement imputables à ces groupes, « il reste difficile d’interdire un mouvement politique ».

 

Plus direct, des hackers « Anonymous-antifa », issus du mouvement des Anonymous, ont mis à mal, dans l’après-midi de samedi, trois sites d’extrême droite, dont deux de la mouvance nationaliste : « Le Cercle du Six février » et « Jeune Nation » d’Yvan Benedetti. Des listings de sympathisants et de militants avec leurs données personnelles ont été également piratés puis diffusés, notamment via Twitter. Une opération que ces hackers ont eux-même intitulée « Lyon propre ».

 

 

Selon Le Progrès (édition papier), quatre « antifascistes » ont été interpellés, dont trois qui auraient tenté d’approcher le cortège d’extrême droite et un pour le port d’une matraque télescopique.

 

 

> le 15 janvier à 20h24 : le porte-parole des Jeunes Identitaires lyonnais, Damien Rieu, a contacté Rue89Lyon pour déclarer « qu’il n’y avait aucun militants identitaires dans le cortège ». Nous maintenons nos informations sur la présence de certains de leurs militants,  même si l’organisation des Jeunes Identitaires n’appelait pas à manifester aux côtés des Jeunesses nationalistes.

 

*Collectif 69 de Vigilance contre l’Extrême-Droite : MFPF, RESF, CGA, CNT, Sud éducation, Solidaires, la CGT vinatier et CGT éducation, CRASS, PG, le PIR, NPA, GU, PS, PCF, SOS Racisme, LDH, le CRI, UJFP, Les Voraces, La Rafal, Résistance Citoyenne Ouest Lyonnais, Ras l’Front, MRAP, Jeunes Ecologistes

 

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Petits compléments Ras L'Front :


1)  "Les Jeunesses Nationalistes"  ne sont qu'une relance médiatique du groupuscule Jeune Nation. Très très proche de "L'Oeuvre française", un mouvemement pétainiste et pro-OAS, qui soutenait au FN le rival de Marine Le Pen, le lyonnais Bruno Gollnisch. La promotion du camp d'été 2011 de Jeune Nation s'appellait "Promotion Maréchal Pétain"...

 

2) Alexandre Gabriac a été exclu du FN au moment des cantonnales de mars 2011, malgré les réticences publiquement exprimées de son "président d'honneur ", Jean-Marie Le Pen, suite à la révélation de photos de Gabriac faisant le salut nazi.

> Gabriac, dans une autre photo moins connue, faisant  encore le salut hitlérien : ici, sur Rebellyon

> Ou tout à coté de types au bras tendu, à Lyon,  en mai 2010,  sur cette autre photo

Lyon, mai 2010 : le conseiller régional FN Alexandre Gabriac (à droite, chemisette blanche)

 

Gabriac s'est dit victime d'une agression, en août 2011, à Grenoble, dans le quartier Mistral.  Pourtant, la police, interrogée par Les Inrocks, a démenti être venue porter secours à Gabriac.

Tout en se disant amnésique suite à cette agression estivale, et portant une minerve,  Gabriac a été fort actif durant tout l'automne 2011: on l' a vu par ex à une manif de néonazis à Lille le 8 octobre, en compagnie de membres du GUD à la rentrée universitaire à Lyon   (ici sur la photo, avec son éternel parapluie au bout pointu),  présent aussi dans les manifs de "catholiques"(voir la photo) contre certaines pièces de théâtre, etc...

 

3) A. Gabriac,  élu isérois  au Conseil Régional a déclaré  à plusieurs reprises à la presse que Marine Le Pen acceptait qu'il continue a sièger au groupe FN du Conseil régional Rhônes Alpes, malgré son exclusion du FN, à condition qu'il donne à MLP sa signature pour les présidentielles. MLP,  interrogée par des journalistes, a démenti.

Cependant, dans la presse lyonnaise, en décembre 2011, on apprend que "les élus exclus ne sont qu'à moitié lâchés par le FN".  En effet, Bruno Gollnisch a dû  finir par se résoudre à exclure  Gabriac et Wyssa (son compère de l'Ain)  du groupe des élus FN  du Conseil Régional  Ils sont donc maintenant  élus "non-apparentés". Or,  pour l'année 2012, le groupe FN doit être renommé "Front National et apparentés".  Gabriac et Wyssa seront-ils discrètement réadmis dans ce groupe ?  Bruno Gollnisch continue à espèrer leur réintégration  : "J'estime toujours que les sanctions qui ont été prononcées sont excessives"disait-il à Lyon Capitale . L'un des enjeux est l'attribution ou non d'une subvention de 18 000 euros pour le fonctionnement du groupe FN.

 

4) Libé-Lyon rapporte ainsi certains propos tenus à cette manif néo-fascsiste du 14 janvier :

".... Yvan Benedetti déclare que lui, Alexandre Gabriac, et les autres exclus, ont été "sacrifiés sur l'autel de la dédiabolisation du FN", à qui il reproche d'avoir "pour compagnons de route, dans sa lutte contre l'islam, la franc-maçonnerie, une certaine communauté juive, et une minorité homosexuelle".

Le mot d'ordre de la manifestation : saluer la mémoire des soldats français morts en Afghanisan "pour défendre les intérêts israélo-américains". "Il y a une disproportion entre le silence autour de nos soldats, et les campagnes médiatiques dès qu'un jeune voyou se tue en banlieue", affirme Yvan Benedetti.

Derrière une banderole "Afghanistan, honneur à ceux qui ont été tués et honte à ceux qui les ont fait tomber", les militants vêtus de noir, portant des croix blanches, scandent "Ni droite, ni gauche, nationalistes" ou "Bleu blanc rouge, la France aux Français".

A l'arrivée, après qu'Alexandre Gabriac eut qualifié le maréchal Pétain de "plus grand mili­taire fran­çais", Yvan Benedetti prend la parole, traite Israël de "verrue" qui "doit disparaître". Et rend hommage au Hamas, au Hezbollah, et à Hugo Chavez, Fidel Castro et Mahmoud Ahmaninedaj.... "

 

Les extrême-droites utilisent  tantôt le racisme anti-juif, tantôt le racisme anti-arabe. Il y a à la fois concurrence et complémentarités entre ces courants.

Car ils s'accordent pour pratiquer  la confusion des repères et des idées  et exciter à la haine raciale. 

Pendant que le FN de Le Pen-Fille joue la carte antirabe, anti-islam,  et essaie de se rapprocher d'Israël et de son extrême-droite, d'autres jouent la carte  d'un prétendu "anti-impérialisme" ou d'un soit-disant "anti-mondialisme",  qui n'est qu"une autre exploitation du racisme et propagande nationaliste et identitaire.

 

 

Articles plus anciens sur la situation à Lyon :


- Le Progrès, 15 mai 2011 : L'extrême-droite radicale sème la panique dans les rues de St Jean

- Les Inrocks,  juin 2011 : Identitaires, skins, la face noire de Lyon

- Rue89-Lyon, novembre 2011:  Le Vieux Lyon ne veut pas devenir "Facho-land"

- Nouvel Obs.com, juillet 2011:  Lyon, comment l'extrême-droite tisse sa toile

- Rebellyon : les articles de la rubrique "Fachos"



16/01/2012

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